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Audaces d’un style. Les intérieurs sous le Consulat

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Rueil-Malmaison, Château de Bois-Préau et château de Malmaison, du 19 novembre 2025 au 9 mars 2026.

Tout n’était-il qu’illusion sous le Consulat ? Les décors de l’époque témoignent en tout cas d’un art du trompe-l’œil admirable. Papiers peints et soieries donnaient l’impression que les murs étaient habillés de rideaux ou de draperies (ill. 1 et 2), tandis que le mobilier mêlait de véritables antiques à des imitations, et certains meubles en bois peint paraissaient en bronze...


1. France, 1799
Papier peint à motif de draperies
Papier rabouté, fond brossé à la main, impression à la planche de bois, quatre couleurs, brossage bleu
Paris, Musée des Arts décoratifs
Photo : bbsg
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2. Manufacture Camille Pernon
Damas ombré à bordures
de rinceaux et de grecques, 1802
Soie
Paris, Collection Tassinari et Chatel
Photo : bbsg
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Le coup d’État du 18 brumaire de l’an VIII (9 novembre 1799) marqua le début d’une relative stabilité. L’économie se redressa, la société se transforma et, dans ces deux sillons, la création artistique retrouva de la vitalité. Une nouvelle élite imposa un nouveau goût, même si, bien sûr, le style consulaire ne commença pas subitement en 1799 ni ne disparut brusquement en 1804. L’exposition présentée au château de Bois-Préau montre comment il prit racine au XVIIIe siècle, avant la Révolution, puis sous le Directoire ; comment, aussi, il se prolongea au Premier Empire, voire bien au-delà, puisque l’on devine son influence dans certaines créations Art déco et même dans les chaises conçues par Christophe Pillet pour la tribune du 14 juillet de l’an 2000. Le visiteur peut d’ailleurs s’amuser à deviner, dans la dernière salle, la date de création des œuvres qu’il a sous les yeux (ill. 3).


3. Dernière salle de l’exposition : la diffusion des modèles consulaires
De gauche à droite :
France, vers 1803-1804, Guéridfon
Manufacture Jacquemart et Bénard, Papier peint à motif à treillis de lattes en pointes de diamants, 1794-1797
André Arbus, Vadim Androusov, Fauteuil pour la présidence de la République, 1946
Sylvain Dubuisson, Fauteuil visiteur pour le bureau du ministre de la Culture, Jack Lang, 1991
Christophe Pillet, Chaise de ministre pour la tribune du 14 juillet, 2000
Photo : bbsg
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Une exposition consacrée à l’ameublement sous le Consulat peut sembler quelque peu rébarbative au commun des mortels... Qu’on se rassure et qu’on se précipite : les commissaires, Élisabeth Caude et Isabelle Tamisier-Vétois, ont su s’adresser à tous les publics en proposant un parcours à la fois riche et clair, rigoureux et séduisant. De salle en salle, s’égrainent les grands noms de l’époque : on croise les incontournables Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine, qui devinrent architectes des Tuileries en 1800, puis architectes du gouvernement en 1801 ; les frères Jacob également, ébénistes de renom qui meublèrent toute la haute société et qui, en 1803, possédaient seize ateliers dans lesquels travaillaient…

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