Le 2 septembre, nous avons publié dans notre rubrique Débats une lettre ouverte au ministère de la Culture envoyée par les représentants du personnel de la DRAC Alsace ; il contestait fort justement la vente des écuries du Palais du Rhin à Strasbourg, où sont abrités aujourd’hui les services de la DRAC et de l’Inventaire.
Cette lettre est datée du 1er septembre 2010. Or, dans un discours prononcé devant les préfets de région le même jour, et qui vient d’être mis en ligne sur le site du Ministère (voir ici), on peut lire la phrase suivante : « Quant à la mutualisation des moyens en matière d’immobilier, je souhaite que les DRAC et les STAP puissent continuer de fonctionner dans des locaux qui illustrent nos objectifs en matière de réutilisation de lieux patrimoniaux et notre savoir-faire en matière de restauration et d’aménagement, point sur lequel j’ai également sensibilisé France Domaine. »
Cette forte déclaration laisse perplexe. Frédéric Mitterrand est-il au courant de ce qui se passe dans ses services pour affirmer comme un principe fort l’inverse de ce qu’il est en train de mettre en œuvre ?
La question de la cession des ventes de l’Etat devient d’ailleurs un des sujets les plus préoccupants pour la protection du patrimoine en cette rentrée 2010. Le Sénat lui-même s’en est auto-saisi dans un rapport fort intéressant consacré au Centre des Monuments Nationaux, déposé le 30 juin 2010 et disponible ici.
Dans un article analysant ce document1 Sophie Flouquet s’étonnait qu’il ne soit pas issu des services du ministère de la Culture. Or, il ne semble pas que celui-ci ait, depuis, officiellement réagi à ce rapport. L’apathie du ministre ne cesse d’étonner, d’autant que ceux qui le connaissent nous affirment qu’il est particulièrement sensible aux problèmes patrimoniaux. Son absence de réaction sur quasiment toutes les affaires importantes2, son incapacité à agir ou même à répondre seulement aux questions légitimes que nous souhaitons lui poser3 deviennent réellement inquiétantes.
Alors que les problèmes auxquels doit faire face le ministère de la Culture sont toujours plus importants et que le malaise en son sein grandit dans les mêmes proportions, on est en droit de se poser la question : « Y-a-t-il un ministre au ministère ? »
