Vrai ? Faux ? Le primitif italien était presque parfait Contenu abonnés


Ajaccio, Palais Fesch - Musée des Beaux-Arts, du 29 juin au 1er octobre 2012.

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1. Bernardo Daddi (documenté
entre 1320 et 1348)
Un saint évêque
Tempera sur bois - 101 x 53 cm
Ajaccio, Palais Fesch - Musée des Beaux-Arts
Photo : Palais Fesch - MBA
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« Raphaël n’est pas tombé tout-à-coup du ciel, pour honorer le siècle de Jules II et de Léon X ». Avec cette affirmation tirée de ses Considérations sur l’état de la peinture en Italie, dans les quatre siècles qui ont précédé celui de Raphaël, Artaud de Montor, l’un des premiers érudits à avoir étudié et collectionné les primitifs italiens, expliquait ce qui semble aujourd’hui une évidence mais qui n’allait alors pas de soi. Les peintures des XIIIe jusqu’au XVe siècle étaient, jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe, très peu considérées et leur redécouverte était encore balbutiante en 1808. Pour cette raison, le Musée Fesch, constitué de ce qui était considéré à l’époque comme moins important dans la collection de l’oncle de Napoléon, est riche en œuvres de cette période.
L’exposition qu’il organise cet été est dédiée, justement, à cette redécouverte de la peinture italienne antérieure au XVIe siècle. Pas sous la forme d’un florilège, mais plus subtilement en s’interrogeant sur la notion d’authenticité de ces panneaux dont le retour à la mode donna lieu à une intense production de faux.

Le parcours est donc scandé en sections qui vont de l’œuvre parfaitement authentique aux faux faits pour tromper. D’où le titre de l’exposition : Le Primitif italien était presque parfait. Très drôle, mais un peu trompeur car certains Primitifs « parfaits » y sont bien présentés, à commencer par les trois premiers, exemples d’œuvres provenant de collections pionnières dans ce domaine, celles d’Artaud de Montor que nous citions en exergue, de François Cacault, généreux bienfaiteur du Musée de Nantes, et du cardinal Fesch, le maître des lieux (ill. 1).

Conçue pour que le grand public comprenne ce qui par nature est assez compliqué, l’exposition est jalonnée de cartels qui tentent d’expliquer simplement des notions parfois un peu difficiles pour le profane. Ainsi, il suffit de lire les journaux pour constater que la différence entre faux et tableaux d’attributions erronées n’est pas toujours évidente dans l’esprit des gens. Dans plus de la moitié du parcours, on ne verra aucun faux, mais beaucoup de questions autour de l’attribution.
Première notion : celle des répliques autographes ou avec une participation plus ou moins grande de l’atelier. Certaines compositions eurent tellement de succès que les peintres les faisaient décliner à l’envi, avec plus ou moins de variantes, par leurs collaborateurs. Cette pratique existait depuis toujours (et perdurera évidemment bien au delà du XVe siècle), mais dans un essai du catalogue, Matteo Gianeselli explique qu’elle prit un essor considérable à la fin du XVe siècle, notamment dans l’atelier d’Andrea del Verrochio, le maître de Lorenzo di Credi et de Léonard de Vinci. On voit ici des variantes autour de mêmes sujets par Lorenzo di…

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