Ventes à Londres aux enchères et en galerie


6/7/16 - Marché de l’art - Londres - Alors que Sotheby’s présentait lors des dernières vacations londoniennes les sélections de tableaux les plus intéressantes, c’est Christie’s cette fois qui s’en tire le mieux, même si dans l’ensemble ce mois de juillet 2016 restera un cru faible pour la peinture ancienne. Chez Christie’s donc, l’œuvre la plus importante est bien sûr le Loth et ses filles de Rubens qui par ses dimensions au moins est une des plus importantes toiles de l’artiste à passer aux enchères ces dernières années. L’œuvre, néanmoins, peine à séduire. On n’en dira pas autant du beau Matthias Stomer de la même vente, Le Jugement de Salomon (ill. 1). Quant à Sotheby’s, on citera trois tableaux de Wright of Derby ou une nature morte de Pieter Claesz, mais l’ensemble reste bien en deçà de ce qu’on a l’habitude de voir. Un portrait d’homme de l’époque romaine de Simon Vouet, dans un état moyen, ne parvient pas vraiment à rehausser l’ensemble.


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1. Matthias Stomer (vers 1600 - après 1652 ?)
Le Jugement de Salomon
Huile sur toile - 157 x 222 cm
Londres, Christie’s
Photo : Christie’s
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2. Ecole romaine du XVIIe siècle
Saint Ambroise
Huile sur toile - 127,2 x 97,1cm
Londres, Bonhams
Photo : Bonhams

Ce qui frappe surtout, c’est le nombre réduit de tableaux italiens ou français des XVIIe et XVIIIe siècles de grande qualité mais de noms moins prestigieux, aux estimations parfois (relativement) basses et qui donnent l’impression que l’on peut acheter de belles peintures anciennes au meilleur prix. C’est d’ailleurs Bonham’s qui, sur ce plan, s’en tire finalement le mieux puisque cette maison de vente propose un tableau d’une qualité remarquable mais anonyme, un Saint Ambroise (ill. 2) de l’école romaine du XVIIe siècle. Estimée 10 à 15 000 livres, cette œuvre dont tout le monde parlait devrait probablement pulvériser cette estimation.


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3. Jean-Baptiste-Claude Odiot (1763-1850)
Soupière du Service Penthièvre-Orléans, vers 1821
Argent
Londres, Sotheby’s
Photo : Sotheby’s
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4. Manufacture de la Savonnerie
Charles Le Brun (1619-1690) et/ou
Louis Le Vau (1612-1674)
François I Francart (1622-1672)
Beaudrin Yvart le père (1611-1690)
Tapis pour la grande galerie du Louvre
445 x 420 cm
Londres, Sotheby’s
Photo : Sotheby’s

Chez Sotheby’s, la vente d’objets d’art dénommée Treasures réservait de bien meilleures surprises puisqu’on y trouve plusieurs objets français de provenance prestigieuse et ayant toutes les qualités de « trésor national ». Nous voulons parler d’abord d’une soupière en argent d’Odiot pour le service de Penthièvre-Orléans (ill. 3) et d’un tapis de la Savonnerie pour la grande galerie du Louvre (ill. 4).


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5. Bernardo Strozzi (1581-1644)
Vierge à l’enfant avec saint Jean-Baptiste
Huile sur toile - 113 x 86.5 cm
Londres, Conalghi
Photo : Conalghi
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6. Giulio Cesare Procaccini (1574-1625)
Christ portant sa croix
Huile sur toile - 145,2 x 109 cm
Londres, Conalghi
Photo : Conalghi

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7. Giuseppe Antonio Petrini (1677-1759)
Saint Joseph
Huile sur toile - 114 x 87 cm
Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile

Finalement, les peintures et sculptures les plus intéressantes se trouvaient chez les marchands qui participent, avec les maisons de vente, à un parcours appelé « London Art 2016 week ». C’est ainsi que chez Colnaghi plusieurs peintures importantes sont exposées, dont une Vierge à l’enfant avec saint Jean-Baptiste de Bernardo Strozzi (ill. 5) et un Christ portant sa croix de Giulio Cesare Procaccini (ill. 6). Maurizio Nobile, qui expose au 37 Bury Street, montre notamment un très beau tableau de Pietrini (ill. 7) et un dessin de Guerchin représentant un vieillard tout à fait étonnant. Chez Benjamin Proust, on peut voir une belle terre cuite romaine du début du XVIIIe siècle mais en réalité presque toutes les galeries montrent des œuvres intéressantes. On signalera enfin une exposition de peinture bolonaise chez Fonantico, galerie italienne qui s’est installée provisoirement au 8 Duke Street.


Didier Rykner, mercredi 6 juillet 2016





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