Urbano Fos, pintor


Auteur : Fernando Benito Doménech

local/cache-vignettes/L212xH290/Urbano_Fos-8ae95.jpg Parce que le ténébrisme du début du XVIIe siècle était un art du peuple et non pas un art de Cour, il a pu produire, dans de petites villes et hors des capitales artistiques habituelles, des peintres réalistes appréciés aujourd’hui pour leur sincérité rustique comme par exemple Guy François, les Tassel, Josefa de Óbidos, et certains peintres lombards, de Séville, ou des Marches. Désormais le nom d’Urbano Fos sera à mettre sur cette liste grâce à la rétrospective organisée au printemps 2003 au musée de Castellón de la Plana, à quelques dizaines de kilomètres de Valence en Espagne, par Ferran Olucha Montins et Fernando Benito Doménech. Depuis 25 ans, ces deux spécialistes ont donné à des revues locales nombre de publications sur des documents ou de nouvelles attributions concernant cet artiste (plusieurs de ses tableaux étaient, au début du XX e siècle, attribués à Ribalta).

Attribué à Urbano Fos
Saint François d’Assise recevant les stigmates
Orléans, Musée des Beaux-Arts

Le catalogue de l’exposition propose donc une synthèse qui, pour beaucoup, sera une première découverte et fait office de monographie puisque la vingtaine de ses tableaux connus est reproduite en couleur (plus un autre de son école, la Vierge de Vicente Gozalbo). Assez brève, l’introduction générale ne prend en compte, par prudence, que les documents d’archives avérés, généralement des contrats, ce qui empêche les auteurs de parler de la formation ou d’éventuels voyages du peintre hors des environs de Valence. Certes, l’art d’Urbano Fos procède essentiellement des deux Ribalta, de Espinosa et de Orrente, mais cela ne permet pas d’expliquer complètement la clarté, la sérénité de ses compositions, ni même les échappées de paysages aux maisons délabrées qui font parfois penser aux Le Nain. Les notices des œuvres sont plus fouillées. Le fait que ses quatre meilleurs retables soient autant de représentations différentes de saint Roch montre bien les ravages de la peste en ce début du XVIIe. Les recherches sur l’art des XVIIe et XVIIIe siècles en Catalogne sont encore balbutiantes car les historiens les ont longtemps focalisées sur les périodes romane, gothique ou autour de Picasso, Miró et Dali. On peut désirer, après la communauté valencienne, que d’autres publications couvrent l’époque baroque à Barcelone [1], Gérone ou même Perpignan [2] (ill.). Bien que non cité dans le catalogue, l’attribution à Urbano Fos proposée par Claudie Ressort a été confirmée par Fernando Benito Doménech. (Remerciements à Pierre Curie qui a nous a signalé ce tableau et à Eric Pagliano qui nous a renseigné).

L’exposition vient d’être reprise au Museo de Bellas Artes de Valence, jusqu’au 9 janvier 2005.

Urbano Fos, pintor (h. 1615-1658). L’exposition a eu lieu du 13 mars au 15 juin 2003 au Museu de Belles Artes de Castelló, Castelló. Catalogue bilingue en castillan et catalan, commissaires : Fernando Benito Doménech et Ferran Olucha Montins, 18 €. ISBN : 84-482-3439-1

Deux sites sur l’artiste :

http://www.gva.es/museo/ribal6.htm

http://www.culturalcas.com/


Michel de Piles, vendredi 16 janvier 2004


Notes

[1] Quelques articles ponctuels dans le Butlleti del Museu Nacional d’Art de Catalunya.

[2] Citons les travaux universitaires en cours de Jordi Sureda sur les Guerra, de Julien Lugand sur les Guerra et les autres ateliers roussillonnais. En décembre dernier, la Thèse d’Etat d’Ariane James a apporté de très nombreux éléments inédits sur la jeunesse et la formation de

Post-scriptum : Le musée d’Orléans possède, à coté du Saint Thomas de Vélasquez, un tableau représentant Saint François recevant les stigmates[[ Huile sur toile. 145 x 97 cm. Don Pilté-Grenet en 1833, inv. 1559



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