Une toile de Karl Girardet acquise par le Musée du Désert


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Karl Girardet (1813-1871)
L’Assemblée des Protestants surpris par
les troupes catholiques
, 1842
Huile sur toile - 121 x 105,5 cm
Mialet, Musée du Désert
Photo : Galerie Franck Baulme

30/6/15 - Acquisition - Mialet, Musée du Désert - L’Edit de Nantes révoqué, des protestants, réfugiés dans une caverne, sont surpris par les troupes catholiques. Au centre de la composition, un groupe de femmes exprime toute une palette de sentiments : lassitude, angoisse, désespoir, fatalité, colère... L’action proprement dite se passe autour d’elles : à gauche des soldats piétinent des livres - jolie nature morte - et empoignent un homme - un pasteur ? - qui lève les yeux au ciel avec résignation, à droite, un autre soldat tire l’une des femmes par le bras, entourée de ses deux enfants, l’un, petit, qu’elle protège, le second, plus grand, qui prend sa défense. L’éloquence des gestes et des visages, le contraste des ombres et des lumières participent de l’intensité dramatique de la scène qui n’est pas sans évoquer l’art d’un Delaroche.

Une première peinture fut commandée à Karl Girardet, grâce au peintre Maximilien de Meuron, par la Ville de Neuchâtel, où elle est conservée au Musée d’Art et d’Histoire. Elle fut exposée à Paris au Salon de 1842, saluée par la critique et récompensée d’une médaille. Frédéric-Guillaume IV de Prusse, alors prince de Neuchâtel, commanda une réplique à l’artiste, et c’est sans doute celle-ci que vient d’acquérir la Société de l’histoire du protestantisme français auprès de la galerie Franck Baulme (Paris) pour le Musée dit du Désert, à Mialet, dans le Languedoc Roussillon, le désert désignant dans l’histoire du protestantisme cette période entre la révocation de l’Édit de Nantes (1685) et la Révolution française (1789).
L’artiste s’inspire probablement de de l’ouvrage de Charles Coquerel, Histoire des Églises du désert chez les Protestants de France et du Précis de l’histoire universelle d’Anquetil. À cette même époque, Les Huguenots, opéra de de Giacomo Meyerbeer créé en 1836, connut un succès retentissant.

Né en Suisse, Girardet se forma auprès de Louis Hersent, puis de Léon Cogniet, il se rendit à Venise en 1838, à Rome en 1840, à Naples en 1842 puis en Égypte. Il mena une carrière d’illustrateur et de peintre, attirant l’attention de Louis-Philippe et participant notamment au Musée historique de Versailles pour lequel il peignit Gaucher de Châtillon défend seul l’entrée d’une rue dans le faubourg de Minieh, 1250 (1844). Connu aussi pour ses peintures orientalistes, il se consacra au paysage lorsqu’il rentra en Suisse après la chute de la Monarchie de Juillet, et revint en France en 1850.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 30 juin 2015





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