
1. Francesco Trevisani (1656-1746)
Le Martyre de sainte Félicité et de ses sept fils
Huile sur toile - 74 x 62 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Blondeau-Breton
4/9/07– Acquisition – Amsterdam, Rijksmuseum – Nous avons récemment publié un article sur les derniers enrichissements du Rijksmuseum (voir brève du 30/6/07). Une toile de Francesco Trevisani, représentant Le Martyre de sainte Félicité et de ses sept fils (ill. 1) a également été achetée en 2006 auprès d’Etienne Bréton à Paris [1].
Le tableau a appartenu à la collection de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Torcy, à qui il fut donné par le cardinal Ottoboni, un des principaux mécènes de Trevisani qui fut son peintre attitré (ill. 2). Pour faire sa cour à Louis XIV, Ottoboni lui offrit plusieurs tableaux de l’artiste, aujourd’hui non localisés. Pierre Rosenberg et Arnauld Brejon de Lavergnée, dans un article consacré à Trevisani et la France [2], écrivent : « Le Roi de France ne devait pas être le seul à bénéficier des libéralités du cardinal ; à deux reprises en 1704, puis en 1709, le marquis de Torcy, haut personnage de la Cour de Versailles reçut des tableaux de Trevisani. » Les deux œuvres données en 1704 sont connues par leurs sujets, La Chaste Suzanne et La femme de Putiphar. Cette toile représentant Le Martyre de sainte Félicité et de ses sept fils fut probablement l’une de celles qui furent envoyées en 1709 au marquis de Torcy. Le choix du sujet fait sans doute allusion à l’épouse du marquis, Catherine Félicité Arnauld de Pomponne. On voit par ailleurs, en haut à droite, près de ce qui semble être un autoportrait, les symboles figurant sur les armoiries des Colbert, une couleuvre surmontée par la couronne de marquis et entourée de colliers des ordres du roi.

2. Francesco Trevisani (1656-1746)
Portrait du Cardinal Pietro Ottoboni, 1700
Huile sur toile - 134,3 x 98,5 cm
Barnard Castle, The Bowes Museum
Photo : Wikimedia Commons
Elève d’Antonio Zanchi à Venise, Trevisani n’arriva à Rome qu’à l’âge de 22 ans, vers 1678. Il peignait alors dans un style marqué par le ténébrisme tel que le pratiquaient sur la lagune son maître et des peintres comme Giambattista Langetti et Johann Karl Loth. Sa participation au décor de San Silvestro in Capite, en 1796, assit définitivement sa réputation et marqua une évolution vers une manière plus claire et plus baroque [3].
Le tableau acquis par le Rijksmuseum date ainsi de la maturité de la carrière de l’artiste. Il montre à la fois l’influence de Véronèse, dans les coloris et la composition, combinée avec celle de la peinture romaine du Seicento (Dominiquin, Lanfranco, Cortone,...) sensible dans la représentation du martyre.
