Une terre cuite d’Ida Matton entre au musée de Stockholm


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Ida Matton (1863-1940)
Portrait, 1895
Terre cuite - 35 cm.
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Anna Danielsson/Nationalmuseum.

3/11/16 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Ida Matton est une artiste suédoise qui mena une grande partie de sa carrière à Paris au tournant du XIXe et du XXe siècle, et qui pourtant reste inconnue en France. C’est à Paris, en 1895, qu’elle a réalisé le portrait en terre cuite d’une jeune femme, récemment entré dans les collections du Nationalmuseum de Stockholm. Il était passé dans une vente de Bukowskis organisée le 26 novembre 2015 à Malmö où il a été adjugé seulement 5000 couronnes (506 euros) ; il a ensuite été donné au musée par la Fondation Axel Hirsch.

Née à Gävle, Ida Matton (1863-1940) étudia l’art de la sculpture à Stockholm avant de partir pour Paris en 1887, où elle exposa au Salon dès 1888. Elle passa par l’Académie Colarossi, également appelée la Grande Chaumière, dessinant d’après modèle vivant, et se forma auprès d’Henri Chapu, Antonin Mercié et Denys Puech. Membre de l’Union des femmes peintres et sculpteurs, elle fut citée parmi celles qui « savent sans mièvrerie manier un ébauchoir »1. En marbre, en terre ou en bronze, elle conçut des œuvres diverses dont les plus connues sont le Bébé souriant qui tend les bras vers une mère invisible, et le Châtiment de Loki. On lui doit aussi une effigie de Molière et une composition intitulée La Confidence qui met en scène deux femmes en buste, l’une murmurant à l’oreille de l’autre.

Elle représente ici une jeune femme dont l’identité est inconnue. Le modèle ne paraît pas poser, l’artiste semble avoir saisi un moment fugace. La figure incline la tête, elle paraît pensive, le regard dans le vague, elle esquisse un sourire. Sa main, étonnamment ajoutée par-dessus le socle, vient tenir distraitement une mèche de cheveux qui tombe sur l’épaule. Si la robe avec ses manches bouffantes n’inscrivait pas ce buste dans une époque, l’attitude gracieuse et naturelle du modèle pourrait presque suggérer qu’il s’agit d’une allégorie ou d’une tête d’expression plutôt que d’un portrait à proprement parler.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 3 novembre 2016


Notes

1Le Journal, 13 févier 1936.





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