Une souscription pour sauver le Wedgwood Museum


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Manufacture Wedgwood
Vase du Premier Jour
Stoke-on-Trent, Wedgwood Museum
Photo : Phil Sayer

1/9/14 - Musée - Weggwood Museum - Nous avions suivi, il y a trois ans, les menaces qui pesaient sur le Wedgwood Museum, un musée anglais qui conserve notamment, outre les archives de la manufacture du même nom, une extraordinaire collection de céramiques. Nous renvoyons aux deux articles que nous avions publiés. Pour résumer : les œuvres risquaient d’être vendues pour renflouer un fonds de retraite !

Elles seront bien vendues, mais aujourd’hui une solution se dessine qui pourrait permettre au musée de continuer son existence : c’est en effet l’Art Fund, l’association bien connue qui travaille sans relâche à l’enrichissement des collections britanniques, qui pourrait se porter acquéreur des 80 000 œuvres (céramiques, manuscrits et lettres, recueils de modèles et photographies). Elle a depuis trois ans réussi à réunir une grande partie des 15,75 millions de livres nécessaires à cet achat, mais elle doit encore trouver la somme non négligeable de 2,74 millions de livres d’ici la fin du mois de novembre.
Elle lance donc, à partir d’aujourd’hui, une souscription dont tous les détails se trouvent ici.

Ce musée se trouve donc, comme une partie des tableaux du Detroit Institute of Arts (voir notre article1), menacé d’être vendu pour renflouer des dettes qui ne le regardent en rien. Une situation désastreuse dont la France est protégée aujourd’hui grâce à la loi, même si certains caressent régulièrement l’espoir de la modifier.
Signalons au passage que, bien que lamentable, la décision de l’État portugais de vendre une collection de 85 Miro n’a aucun rapport avec ces deux affaires (Wedgwood Museum et Detroit Institute of Art) : les œuvres appartenaient à une banque privée nationalisée en 2008. Elles ne font donc pas partie des collections d’un musée ni ne sont reliées à un monument historique. Il est clair qu’il est scandaleux que le Portugal n’ait pas décidé le classement de ces toiles et leur affectation à des collections publiques, mais leur vente n’a rien à voir avec celle des œuvres d’un musée.

Il reste à espérer que la souscription destinée à sauver le Wedgwood Museum soit un succès. Quant au Detroit Institute of Arts, le procès en banqueroute, qui examinera le plan de redressement prévoyant le rachat des œuvres litigieuses grâce à la levée de 800 millions d’euros, commencera demain. Comme le révèle Le Monde, une mauvaise surprise de dernière minute n’est malheureusement pas impossible.


Didier Rykner, lundi 1er septembre 2014


Notes

1Celui-ci est la retranscription d’une chronique prononcée dans notre émission du 7 février 2014. Il est réservé aux abonnés, mais les non abonnés peuvent l’écouter ici.





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