Une sculpture bourguignonne du XVe siècle acquise par Utrecht


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Entourage de Claus de Werve (vers 1380-1439) ?
Saint Pierre, vers 1420
Bois - 49 x 19,5 x 12,5 cm
Utrecht, Musée du Couvent Sainte Catherine
Photo : Sam Fogg

3/3/15 - Acquisition - Utrecht, Musée du Couvent Sainte-Catherine - Plusieurs sculptures ont resurgi ces dernières années, qui proviendraient du retable aujourd’hui démembré de l’abbaye cistercienne de Theuley en Haute-Saône, illustrant le Couronnement de la Vierge.
Parmi elles, la figure de saint Pierre, qui était passée en vente en 2007, figurait sur le stand de Sam Fogg à la Tefaf et a finalement été acquise en 2014 par le musée du Couvent Sainte-Catherine à Utrecht.
Le corps de l’apôtre est entièrement couvert d’un manteau ample, aux plis creusés, qui cache sa main gauche. Son visage large aux pommettes saillantes est marqué par des yeux fendus et des sourcils froncés, un nez droit, une barbe aux boucles détaillées et des cheveux fournis dont une touffe marque le front. Il devait tenir une clef dans sa main droite et dans l’autre un morceau de la croix, instrument de son martyre.

Cette figure est très similaire à la quinzaine de sculptures aujourd’hui localisées, les unes passées sur le marché - notamment apôtre chez Piasa le 21 janvier 2011 - les autres conservées dans des collections publiques : toutes sont en noyer, avec des traces de dorure et de polychromie, et de dimensions très proches (la hauteur variant entre 45 et 55 cm environ). Le traitement du visage, du drapé, des mains est également comparable. Un apôtre, un diacre et saint Étienne sont au Musée du Louvre, sainte Claire, saint Jean-Baptiste, un saint évêque se trouvent au Musée de Cluny à Paris, saint François d’Assise à la bibliothèque de Saulchoir, saint Louis de Toulouse au Musée des Beaux-Arts de Dijon, saint Paul à Joignyl. Enfin le groupe du Couronnement de la Vierge est au Musée d’Art religieux de Gray.
Viviane Huchard1, a écrit en 2007 un article sur cet ensemble de statues, et une exposition sur les retables, organisée au Louvre en 20092, proposait un agencement de l’ensemble.

On aimerait pouvoir attribuer saint Pierre et les autres à Claus de Werve, originaire de Harlem, qui fut l’élève et le neveu du célèbre Claus Sluter, fondateur de l’école bourguignonne, ou encore à un artiste comme Antoine Le Moiturier, et les rapprocher des pleurants du tombeau de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur. Mais les avis sont réservés et l’on préfère y voir la main de sculpteurs anonymes qui ont travaillé au début du XVe à Dijon pour les ducs de Bourgogne.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 3 mars 2015


Notes

1Viviane Huchard, « Colligite fragmenta ne pereant … » in La Sculpture en Occident, études offertes à Jean-René Gaborit. éd. Faton, Dijon, 2007, pp. 78-87.

2« Les premiers retables (XIIe-début du XVe siècle) - Une mise en scène du sacré », du 10 Avril 2009 au 6 Juillet 2009, Paris, Musée du Louvre.





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