Une Renaissance en Normandie Contenu abonnés


Évreux, Musée d’Art, d’Histoire et d’Archéologie, du 8 juillet au 22 octobre 2017.

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1. Missale ad usum Pictavensem adapté
pour l’abbaye de Saint-Julien-de-Nouaillé
Poitiers, vers 1480
Enluminé par Robert Testard, le Maître d’Yvon du Fou et
le Maître du Walters 222
Parchemin - 44,5 x 31,5 m
Poitiers, cathédrale
Photo : BnF
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« Une Renaissance en Normandie » n’a pas été jugée digne par le ministère de la Culture de bénéficier du label d’intérêt national qui lui aurait permis d’obtenir une aide financière. C’est la preuve que ce label est accordé selon des critères qui n’ont rien à voir avec l’intérêt réel de l’événement. Car c’est indubitablement l’une des meilleures expositions qu’auront organisées les musées français cette année, province et Paris confondus. Non seulement les prêts sont exceptionnels - nous y reviendrons - mais le travail scientifique réalisé, qui a donné lieu à un catalogue remarquable d’érudition, est exemplaire (un terme souvent galvaudé qui prend ici tout son sens).

Si Gaillon reste connu des spécialistes comme un des grands châteaux de la Renaissance en France, son état de conservation extrêmement précaire, malgré des restaurations récentes, a en quelque sorte occulté aux yeux du grand public l’importance de la Normandie dans la naissance de ce courant en France. On ne prétendra pas cependant comme on a pu l’entendre lors de l’inauguration que la Renaissance est apparue d’abord à Gaillon, avant le Val-de-Loire, les choses sont certainement plus complexes et plus ou moins simultanées, mais le rôle majeur de cette région doit être réaffirmé.

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2. Reliefs en pierre calcaire et marbre provenant
du château de Gaillon présentés dans l’exposition
Gaillon, dépôt lapidaire du château
Photo : Didier Rykner
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Georges d’Amboise, cardinal d’Amboise et archevêque de Rouen, fut l’homme de confiance de Louis XII et le seigneur le plus puissant de France après le roi dans les années 1500. Il eut aussi pour ambition de devenir pape, mais échoua à deux reprises. C’est lui qui créa Gaillon, en faisant venir des artistes d’outre-monts. Des sculpteurs d’abord dont on a gardé les noms, qui furent francisés par la suite, comme Girolamo Pacceroti, dit Jérôme Pacherot ou les frères Giusti, dits Antoine, Jean et André Juste. Un grand peintre ensuite, Andrea Solario, qui laissa plusieurs tableaux en France (ill. 5) et qui réalisa le décor de la chapelle du château, une peinture murale hélas disparue et dont il ne reste aucune reproduction.
Le parcours de l’exposition commence avec quelques manuscrits ayant appartenu à Raoul du Fou, contemporain de Georges d’Amboise et évêque d’Évreux qui fut lui aussi un grand bibliophile ainsi qu’un bâtisseur (on lui doit l’évêché d’Évreux où se trouve aujourd’hui le musée). L’un de ces ouvrages, « chef-d’œuvre méconnu de l’enluminure poitevine et plus largement française de la fin du Moyen Âge, est conservé dans la cathédrale de Poitiers (ill. 1). Ce missel contient essentiellement une double page enluminée d’une Crucifixion et d’un Dieu le père…

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