Une pluie de Gustave Doré pour Ottawa


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1. Gustave Doré (1832-1883)
Souvenir de Loch Lomond, 1875
Huile sur toile - 131 x 196 cm
Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada
Photo : Musée des Beaux-Arts du Canada

23/9/14 - Acquisitions - Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada - Alors que la rétrospective Gustave Doré, après son étape parisienne (voir l’article), vient de se terminer au Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, cette institution peut se targuer de belles acquisitions d’œuvres de cet artiste : peinture, dessins, sculptures, ouvrages illustrés, ce sont tous les aspects de sa production qui y sont désormais représentés.

Un tableau (ill. 1), acquis chez French & Company, est un superbe paysage qui faisait partie de l’exposition et que nous avions d’ailleurs reproduit dans notre article. Ce Souvenir du loch Lomond date de 1875. Il est typique du goût de l’artiste pour les grands espaces et notamment pour le caractère sauvage des paysages d’Écosse, contrée où il pratiqua pour la première fois l’aquarelle et qui l’impressionna beaucoup : « Je suis revenu impressionné de ce beau pays si agreste et romanesque. Je crois que dorénavant, quand je ferai des landscapes, il y en aura qui seront des souvenirs de ce pays. »1.


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2. Gustave Doré (1832-1883)
Et pas un saint ne prit pitié, 1875
Plume, lavis d’encre et rehauts
d’aquarelle - 55,5 x 44,5 cm
Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada
Photo : Musée des Beaux-Arts du Canada
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3. Gustave Doré (1832-1883)
Cela fit refluer le sang, 1875
Plume, lavis d’encre et rehauts
d’aquarelle - 55,8 x 46 cm
Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada
Photo : Musée des Beaux-Arts du Canada

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4. Gustave Doré (1832-1883)
La Parque et l’Amour, 1877
Bronze - 101 x 61 x 61 cm
Ottawa, Musée des Beaux-Arts du Canada
Photo : Musée des Beaux-Arts du Canada

Deux dessins ont été acquis à Paris, galerie Elstir (ill. 2 et 3). Ils sont en rapport avec l’édition illustrée de La Chanson du vieux marin et représentent respectivement « Cela fit refluer le sang » (ill. 2) et « Et pas un saint ne prit pitié », cette dernière œuvre ayant été exposée dans la rétrospective de Paris et Ottawa. L’édition illustrée par Doré de ce poème de Samuel Taylor Coleridge avait été publiée d’abord à Londres, en 1876 (The Rime of Ancient Mariner) par The Doré Gallery, puis par Hachette en France l’année suivante.

Ce sont enfin des dons qui ont permis de compléter ces acquisitions, dont un d’une très grande importance puisqu’il s’agit de la fonte unique de La Parque et l’Amour (ill. 4), sculpture dont on pouvait voir à Paris le plâtre original retrouvé récemment dans une collection particulière française. À Ottawa, c’est donc la version en bronze (de taille réduite à un tiers environ), appartenant aux collectionneurs de Minneapolis, Alfred et Ingrid Lenz Harrison, qui fut exposée et que ceux-ci ont généreusement offert au musée.

Dernière libéralité dont a pu bénéficier le Musée des Beaux-Arts : des particuliers habitant à Ottawa lui ont donné une édition originale de 1877 de l’ouvrage de Coleridge ainsi que l’édition de 1884 de L’Enfer de Dante, illustrées par Doré. Ces deux livres étaient conservés dans cette ville depuis respectivement les années 1870 et 1880, ce qui témoigne du succès obtenu très tôt par l’artiste dans les pays anglo-saxons.


Didier Rykner, mardi 23 septembre 2014


Notes

1Lettre à une amie citée dans le catalogue de l’exposition Doré du Musée d’Orsay, p. 221. Si nous avions signalé l’intérêt de cette exposition et la qualité du catalogue, il faut tout de même remarquer que, comme bien des catalogues d’Orsay, celui-ci est très difficile à consulter, la liste des œuvres exposées, à la fin, ne répondant à aucune logique visible, et aucun renvoi clair n’étant fait vers les passages les commentant.





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