Une peinture de Liotard acquise par le Rijksmuseum


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Jean-Étienne Liotard (1702-1789)
Hollandaise à la cafetière, 1756-57
Huile sur toile - 46,8 x 39 cm
Amsterdam, Rijksmuseum
Photo : Sotheby’s
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23/12/16 - Acquisition - Amsterdam, Rijksmuseum - Exposée dans la rétrospective que la Royal Academy avait consacrée l’hiver dernier à Jean-Étienne Liotard, puis vendue au Rijksmuseum d’Amsterdam chez Sotheby’s à Londres le 6 juillet 2016 pour 4 405 000 livres (frais inclus), Hollandaise à la cafetière1, une huile sur toile de l’artiste suisse, s’était ensuite vue refuser son certificat d’exportation. Devant le manque d’intérêt des musées anglais (ou leur manque d’argent), l’œuvre vient d’être autorisée à quitter le territoire britannique pour le musée néerlandais.

L’intérêt de ce tableau, outre qu’il est une des rares huiles de Liotard, réside dans le fait qu’il s’agit également d’une de ses rares scènes de genre, largement inspirée par la peinture hollandaise du Siècle d’Or. Rœthlisberger et Loche soulignent que tous les objets sont hollandais du XVIIIe siècle et que ce tableau est le seul qu’il peignit sur place lors d’un de ses séjours dans les Pays-Bas, probablement en 1755-1756. On voit à l’arrière-plan, sur le mur, un intérieur d’église typique de la peinture hollandaise du XVIIe, représentant probablement la Nieuwe Kerk à Delft. Si l’œuvre évoque les peintures de Vermeer ou de Ter Borch, elle est également comparable à celles de Chardin, comme L’Ecureuse, qui piochait d’ailleurs dans les mêmes modèles.
Cette peinture fut acquise par le mécène de l’artiste, William Ponsonby, 2nd Earl of Bessborough, dans une vente à Londres le 16 avril 1774 et était depuis restée chez ses descendants dont le dernier l’avaient léguée en 1993 à la Stansted Park Foundation. Celle-ci est une institution charitable chargée de préserver Stansted Park, où se trouve Stansted House, un château construit en 1688.
Il est donc incontestable que cette vente prive, une fois de plus, une grande demeure anglaise d’un de ses chefs-d’œuvre. Au moins sera-t-il désormais présenté dans un grand musée européen où il rejoint un ensemble de pastels de Liotard qui avait été légué par les petites-filles de l’artiste.


Didier Rykner, vendredi 23 décembre 2016


Notes

1Nous utilisons le titre français donné par Marcel Rœthlisberger et René Loche dans leur catalogue publié en 2008 en deux tomes. Le titre anglais A Dutch girl at breakfast utilisé par Sotheby’s et le Rijksmuseum est celui de la vente Liotard à Londres en 1774.





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