Une paire de Joseph Wright of Derby pour le Derby Museum


29/6/16 - Acquisitions - Derby, Derby Museum and Art Gallery - Deux nouvelles œuvres de Joseph Wright of Derby ont été acquises par le Derby Museum and Art Gallery début avril lors de la Classic Art Week de Christie’s New-York pour 293 000 $ soit 7000 $ de moins que l’estimation basse annoncée. Averti par le Duke of Devonshire, un mécène du musée, de la vente très prochaine de ces deux paysages issus d’une collection privée, l’établissement a réussi à réunir le fonds nécessaire en dix jours seulement grâce à l’Heritage Lottery Fund, the Art Fund, the V&A Purchase Fund et l’Association des Amis du Musée. Le musée enchérissant de façon anonyme, un marchand anglais, dont le nom est tu, a alors servi d’intermédiaire et emporté l’enchère.


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1. Joseph Wright of Derby (1734-1797)
La filature de coton d’Arkwright, vers 1795-1796
Huile sur toile - 58,8 x 76,2 cm
Derby, Derby Museum and Art Gallery
Photo : Richard Tailby/Derby Museums Trust
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2. Joseph Wright of Derby (1734-1797)
Le château de Willersley, vers 1795-1796
Huile sur toile - 58,8 x 76,2 cm
Derby, Derby Museum and Art Gallery
Photo : Richard Tailby/Derby Museums Trust

Dès le 21 juin La filature de coton d’Arkwright (ill. 1) et Le Château de Willersley (ill. 2) ont rejoint la galerie dédiée à Joseph Wright of Derby dont l’épithète, toujours associée au patronyme, ne laisse aucun doute quant à son origine. Bien que le musée conserve la plus grande collection de Wright au monde, il ne possédait jusqu’alors aucun de ses paysages de la région du Derbyshire, motif tardif dans sa carrière. Cette paire d’huiles sur toiles datée vers 1795-1796 pourrait être les deux derniers paysages peints par l’artiste. Probablement commandée par Sir Richard Arkwright, par ailleurs commanditaire de nombreux portraits, elle représente la manufacture de Cromford et le Château de Willersley de ce célèbre industriel originaire de la région. La première détaille le bâtiment principal de la manufacture – première filature de coton à énergie hydraulique, construite entre 1771 et 1776 – avec à sa droite, le long de la route, l’aqueduc rejoignant la roue à l’arrière du bâtiment et, en contrebas, le logement du directeur de l’usine. La seconde représente le manoir néoclassique édifié pour Arkwright par William Thomas, entre 1782 et 1788, perché au-dessus de la ville de Cromford et de la vallée de la Derwent River. Sur la rive opposée, on aperçoit la petite église St Mary commandée par Arkwright et en contrebas de la rivière, au loin, les bâtiments de la filature.

Une autre vue de la manufacture, conservée dans une collection particulière, est connue. Datée un peu plus tôt, vers 1782-83, elle la montre depuis l’autre rive et représente l’ensemble des bâtiments dans une lumière nocturne très différente. Comme l’analyse David Fraser dans son essai du catalogue de la rétrospective Joseph Wright de 19901, cette œuvre, comme la Filature tout juste acquise par le Derby Museum, témoignent de la nouvelle ampleur prise par l’industrie à la fin du XVIIIe puisque c’est l’usine elle-même et non plus ses ouvriers qui occupe la place centrale des compositions.


Julie Demarle, mercredi 29 juin 2016


Notes

1Collectif, Joseph Wright of Derby (1734-1797), Paris, RMN, 1990.





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