Une miniature d’Isaac Oliver acquise pour le Pays de Galles


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Isaac Oliver (1547-1619)
, Edward Herbert, 1st Baron Herbert of Cherbury, vers 1610-1614
Aquarelle sur vélin sur bois - 23 x 18,9 cm
Welshpool, Powis Castle
Photo : National Trust

22/8/16 - Acquisition - Welshpool, Powis Castle - Une miniature réalisée entre 1610 et 1614 par Isaac Oliver a été acquise par le National Trust pour le château de Powis près de Welshpool (Pays de Galles) où elle était déjà déposée en prêt. Elle a été achetée 2,1 millions de livres1 par l’intermédiaire d’Omnia Art, à Londres, auprès de propriétaires privés qui sont sans doute les descendants de l’homme minutieusement représenté sur cette œuvre, le baron Edward Herbert de Cherbury, poète, philosophe et homme d’État, un temps ambassadeur en France auprès de Louis XIII.

D’origine française, le jeune Isaac Oliver quitta Rouen pour l’Angleterre en 1568, peu après le début des guerres de religion et des persécutions à l’encontre des huguenots. Il se forma à l’art de la miniature auprès de Nicholas Hilliard dont il devint le rival par la suite. Il se rendit aux Pays-Bas en 1588, puis en Italie, passant par Venise en 1596, et développa un style naturaliste, accordant de l’importance aux ombres et au modelé de ses figures. Il travailla pour la famille royale et des personnalités de la cour de Jacques Ier, réalisant une multitude de petits portraits souvent des bustes sur fond bleu.

Ici, c’est le corps tout entier d’Edward Herbert de Cherbury qu’il représente, allongé dans un bois, au bord d’un ruisseau, la tête appuyée sur sa main droite. Sa mélancolie rappelle celle d’un autre homme peint par Isaac Oliver, bien que celui-ci adopte une position moins audacieuse, assis sur un talus, adossé à un arbre, les jambes croisées.
L’artiste, pour Edward Herbert de Cherbury, sort du cadre strict du portrait et complète la scène avec un écuyer à l’arrière-plan, le visage caché par un étendard, qui surveille les chevaux et prend soin des divers éléments d’une armure, heaume, cuirasse, jambière. Le baron n’a gardé avec lui que son bouclier sur lequel on aperçoit un cœur émergeant de flammes et une inscription «  Magica Sympathia ». S’il brillait dans les tournois et plaisait aux dames de la cour, il fut aussi l’auteur de plusieurs ouvrages, notamment le De veritate (Paris, 1624-Londres, 1625) qui eut probablement une influence sur les platoniciens de Cambridge.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 22 août 2016


Notes

1L’acquisition a été possible grâce aux apports financiers du National Heritage Memorial Fund (£1.5m) et de l’ Art Fund (£300,000), le National Trust ayant assuré le reste de la somme.





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