Une importante collection donnée sous réserve d’usufruit au Prado


10/7/15 - Acquisitions - Madrid, Museo del Prado - Ce sont pas moins de dix-huit tableaux espagnols, trois toiles de Corrado Giaquinto et trois estampes de Goya que vient de recevoir le Prado en donation sous réserve d’usufruit.
Quatre des artistes concernés n’étaient jusqu’à aujourd’hui pas représentés dans les collections du musée : Felipe Pablo de San Leocadio, Francisco López Caro, Francisco Barrera et, de manière surprenante, Pedro de Campaña. La partie la plus importante du don concerne le XVIIe siècle puisque l’on y trouve pas moins de treize peintures du Siècle d’Or dont trois Zurbarán.

Homme d’affaire d’origine mexicaine, Plácido Arango Arias est un important collectionneur qui avait déjà donné au Prado, en 1991, la première édition des Caprices de Goya. Nous reproduisons ci-dessous, dans l’ordre chronologique, l’intégralité des peintures qu’il vient d’offrir au musée espagnol.


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1. Felipe Pablo de San Leocadio (vers1480-1547)
L’Adoration des bergers, 1539
Huile sur panneau - 110 x 87 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Felipe Pablo de San Leocadio, L’Adoration des bergers (ill. 1). Fils d’un peintre italien installé à Valence dont le Prado possède plusieurs œuvres, Felipe Pablo de San Leocadio eut une production aussi bien de miniatures que de grands tableaux d’autel mais était jusqu’à aujourd’hui absent du musée. Cette Adoration - d’une qualité modeste - est la partie centrale d’un retable commandé en 1529.


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2. Pedro de Campaña (1503-vers1580)
Le Chemin du Calvaire, 1547
Huile sur panneau - D. 73,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Pedro de Campaña, Le Chemin du Calvaire (ill. 2). Là encore, il s’agit des premières peintures de cet artiste à entrer au Prado. Celui-ci, né et mort à Bruxelles, séjourna en Espagne pendant plus de vingt ans. Cette œuvre faisait partie d’un retable dont le panneau central, la Descente de Croix, est conservé au Musée Fabre de Montpellier.


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3. Pedro de Campaña (1503-vers 1580)
La Descente de croix, vers 1570
Huile sur panneau - 25 x 19,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Pedro de Campaña, La Descente de croix (ill. 3). Ce petit panneau date des dernières années de la vie de l’artiste.


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4. Luis de Morales (1509/10-1586)
La Crucifixion, vers 1566
Huile sur panneau - 165 x 136 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado
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5. Luis de Morales (1509/10-1586)
La Résurrection, vers 1566
Huile sur panneau - 165 x 136 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Luis de Morales, La Crucifixion et La Résurrection (ill. 4 et 5). Ces deux panneaux ont été mis en relation avec un troisième, La Lamentation sur le Christ mort du Musée de Salamanque. Il est possible qu’ils aient fait partie d’un même retable, celui de l’église San Felice de los Gallegos de Salamanque, mais cette provenance n’est pas absolument certaine.


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6. Eugenio Cajés (1574-1634)
La Nativité, vers 1610
Huile sur toile - 70,2 x 80,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Eugenio Cajés, La Nativité (ill. 6). Cajés, dont le père était toscan, voyagea à Rome entre 1595 et 1599. Cette œuvre montre incontestablement une forte influence italienne, notamment du luminisme de Luca Cambiaso.


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7. Luis Tristán (1585/90-1624)
Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, vers 1613
Huile sur toile - 173 x 155 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Luis Tristán, Christ en croix entre la Vierge et saint Jean (ill. 7). Il est possible que ce retable soit celui peint à la fin de l’année 1613 pour le monastère de Sisla à Tolède.


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8. Alejandro Loarte (vers 1595-1626)
Nature morte avec panier de raisin et autres fruits, 1624
Huile sur toile - 81,5 x 108 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Alejandro Loarte, Nature morte avec panier de raisin et autres fruits (ill. 8). Originaire de Tolède, ce peintre ne fut pas seulement un spécialiste des natures mortes. Le Prado en conservait déjà une, signée, et trois autres tableaux religieux qui lui sont attribués. Celle qui vient d’être offerte au Prado, qui porte également la signature de l’artiste, montre l’influence de Jan van der Hamen.


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9. Francisco Barrera (1595-1658)
Le Mois de Février, 1640
Huile sur toile - 101 x 156 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco Barrera, Le Mois de Février (ill. 9). Le Prado ne conservait jusqu’ici aucune œuvre de cet artiste, qui produisit essentiellement des natures mortes. Celle-ci, qui porte l’inscription « Février », fait partie d’une série des douze mois de l’année. L’élément le plus original de cette œuvre est le pot de chocolat chauffé par des braises au centre de la composition.


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10. Francisco López Caro (1598-1661)
Garçon de cuisine, vers 1620
Huile sur toile - 58,5 x 98 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco López Caro, Garçon de cuisine (ill. 10). Ce modeste peintre, jusqu’alors absent des collections du Prado, a évidemment été marqué par l’exemple des bodegones de Velázquez. Malgré sa qualité modeste, cette œuvre est un témoignage intéressant de l’influence du grand artiste sur le milieu sévillan.


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11. Francisco de Zurbarán (1598-1664)
L’Immaculée Conception, vers 1625-30
Huile sur toile - 76 x 101,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco de Zurbarán, L’Immaculée Conception (ill. 11). La donation comporte quatre Immaculée Conception, dont deux de Zurbarán. Malgré la difficulté à renouveler un thème aussi clairement défini, l’artiste réussit ici à en donner une représentation originale, la Vierge n’étant pas de face comme souvent mais s’élevant de trois-quart, avec un mouvement vers la gauche, portée par des têtes chérubins.


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12. Francisco de Zurbarán (1598-1664)
L’Immaculée enfant, 1656
Huile sur toile - 94 x 157 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco de Zurbarán, L’Immaculée enfant (ill. 12). Cette seconde Immaculée Conception de la donation peinte par Zurbarán est encore plus originale que la précédente. La Vierge y est très jeune, bien davantage que dans les représentations habituelles du thème, et on y voit un chœur de putti (dont l’un, à droite, joue de la flûte).


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13. Francisco de Zurbarán (1598-1664)
Saint François en prière, 1659
Huile sur toile - 126 x 97 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco de Zurbarán, Saint François en prière (ill. 13). Ce tableau, qui date des dernières années de la vie de l’artiste, constitue, comme le dit le Prado, « un exemple paradigmatique des intérêts thématiques, des formules narratives et de la technique descriptive qui caractérisent ce stade de sa carrière ».


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14. Antonio del Castillo y Saavedra (1616-1668)
Saint Jean-Baptiste, vers 1645
Huile sur toile -165,1 x 103,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Antonio del Castillo y Saavedra, Saint Jean-Baptiste (ill. 14). Cet artiste de Cordoue réalise ici une peinture que l’on peut aisément comparer, notamment par son réalisme, aux œuvres de même sujet peintes en Andalousie quelques années plus tôt par Velazquez et son entourage (voir notamment ce Saint Jean-Baptiste actuellement exposé au Grand Palais).


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15. Juan de Valdés Leal (1622-1690)
Saint Jean-Baptiste
Huile sur toile - 206 x 148 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Juan de Valdés Leal, Saint Jean-Baptiste (ill. 15). Cette toile présente des caractères proches de la précédente par Antonio del Castillo, mais avec une composante caravagesque (tardive) plus marquée.


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16. Juan de Valdés Leal (1622-1690)
L’Immaculée Conception, 1682
Huile sur toile - 208 x 143 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Juan de Valdés Leal, L’Immaculée Conception (ill. 16). En haut à gauche, le siège de la Sagesse envoie un rayon lumineux d’où semble émaner l’image du Christ qui se reflète dans un miroir que tient un putto. En haut à droite se trouve Dieu le Père et au centre la colombe, reconstituant ainsi la Trinité. Une fois de plus, cette œuvre témoigne des inventions trouvées par les peintres pour renouveler un sujet fréquemment traité comme celui de l’Immaculée Conception.


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17. Francisco de Herrera le Jeune (1627-1685)
Le Songe de saint Joseph, vers 1662
Huile sur toile - 208,3 x 195,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Francisco de Herrera le Jeune, Le Songe de saint Joseph (ill. 17). Parti se former en Italie, l’artiste revint en Espagne avant 1654. Ce tableau montre à la fois une proximité avec la peinture italienne (il nous semble y voir une influence gênoise) et avec l’art de Murillo.


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18. Mateo Cerezo (1637-1666)
L’Immaculée Conception, vers 1660
Huile sur toile - 210 x 146 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Mateo Cerezo, L’Immaculée Conception (ill. 18). L’œuvre était auparavant attribuée à Claudio Coello. Cette quatrième Immaculée Conception de la donation possède une fougue baroque typique de Mateo Cerezo qui puisait son inspiration notamment chez Van Dyck, tout en restant proche de son maître Juan Carreño de Miranda.


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19. Corrado Giaquinto (1703-1765)
La Manne, vers 1743
Huile sur toile - 63 x 47,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado
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20. Corrado Giaquinto (1703-1765)
Le Serpent d’Airain, vers 1743
Huile sur toile - 63 x 47,5 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Corrado Giaquinto, Moïse frappant le rocher et Le Serpent d’Airain (ill. 19 et 20). Ces deux esquisses sont des études pour le décor de l’abside de la basilique Santa Croce in Gerusalemme à Rome. La National Gallery de Londres conserve deux autres esquisses pour ces compositions, de plus grande dimension (Moïse frappant le rocher, Le Serpent d’Airain).


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21. Corrado Giaquinto (1703-1765)
Pietà, vers 1756
Huile sur toile - 88,9 x 69,9 cm
Madrid, Museo del Prado (sous réserve d’usufruit)
Photo : Museo del Prado

Corrado Giaquinto, Pietà (ill. 21). Cette esquisse date de la période madrilène de l’artiste (1753-1763). On ne sait quelle œuvre elle prépare, mais la figure du Christ se retrouve semblable dans la Trinité peinte pour la chapelle du Palais Royal dont une esquisse est déjà conservée au Prado.


Didier Rykner, vendredi 10 juillet 2015





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