19/2/04 – Patrimoine – Royaume-Uni – Une Vierge en Lamentation [1] attribuée au Maître de Moulins vient d’être interdite temporairement de sortie du Royaume-Uni par le Ministre des Arts, Estelle Morris.
A peine la Madone aux œillets de Raphaël acquise par la National Gallery, un nouveau tableau majeur menace donc de quitter le pays. Cette fois, cependant, le prix est nettement moindre, puisqu’il suffira à un acheteur britannique, public ou privé, de proposer 600 000 £ (soit un peu moins d’un million d’euros) pour acquérir le tableau et le maintenir en Grande-Bretagne. Le panneau est interdit de sortie pendant deux mois, jusqu’au 17 avril 2004, l’interdiction pouvant être prolongée jusqu’au 17 juillet si un acquéreur sérieux a besoin de ce délai pour réunir les fonds. Comme dans le cas du Raphaël, si un musée était candidat, il pourrait l’acheter à un prix inférieur à celui demandé, grâce à un arrangement sur les taxes à payer.
Si l’attribution est confirmée (voir notre post-scriptum), il ne fait guère de doute que les principaux musées seront intéressés, notamment la National Gallery de Londres qui possède déjà un tableau de l’artiste, une Rencontre de saint Joachim et sainte Anne à la Porte Dorée ou celle d’Edimbourgh qui souhaite acquérir des tableaux majeurs et regrettait récemment de ne pas avoir été associé à l’achat du Raphaël. Rappelons que le musée londonien n’a finalement payé la Madone aux œillets « que » 22 millions de £ au lieu des 29 qui avaient été réunis. Il existe donc une réserve théorique qui devrait permettre l’acquisition de ce petit panneau. Bien que le Maître de Moulins, qui a été identifié tantôt à Jean Hey [2], tantôt à Jean Prevost [3] , soit un des artistes français du XVe siècle dont il existe le plus d’œuvres conservées, leur nombre reste inférieur à une vingtaine.
P.S. Une photo de ce tableau, provenant d’un catalogue non identifié et indiquant qu’il appartenait en 1952 à Sir Thomas Barlow, est conservée à la documentation du département des peintures du Musée du Louvre dans la chemise « Attributions erronées » du dossier Jean Hey (Maître de Moulins).
P.S. (29/7/05) : Ce panneau, dont l’attribution au Maître de Moulins semble devoir finalement être confirmée, a été acquis par l’Art Institute de Chicago (voir brève du 29/7/05).

