Une exposition sur la porcelaine de Saint-Cloud


23/2/17 - Exposition - Saint-Cloud, Musée des Avelines - Il est difficile de faire admettre les projets d’ expositions concernant les arts décoratifs. Aussi ne faut-il pas manquer celles que nous offre le Musée des Avelines à Saint-Cloud, qu’Emmanuelle Le Bail dirige depuis 2007. Elle nous a donné l’habitude de nous enrichir grâce aux sujets rares qu’elle a traités dans la vingtaine d’expositions qui lui sont déjà dues à Saint-Cloud. En approfondissant des thèmes clodoaldiens elle a mis à l’honneur des personnalités comme Marie Bonaparte (2010) et Emile Verhaeren (voir l’article) ou des artistes comme les Duval Le Camus (voir l’article) ou Gaston La Touche (voir l’article). Mais on sait qu’elle s’intéresse aux arts décoratifs puisqu’elle a exposé l’année dernière Joy de Rohan Chabot. Cette année elle aborde un aspect très important de l’apport clodoaldien à l’histoire de l’art, la porcelaine de Saint-Cloud, avec Christine Lahaussois, éminente spécialiste de céramique, auteur du catalogue des Saint-Cloud du musée des Arts décoratifs.


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1. manufacture de Saint-Cloud
Sucrier-saupoudreur,
vers 1700-1720
Porcelaine tendre
Saumur, Château-Musée de Saumur
Photo : Martine Beck Coppola
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2. Manufacture de Saint-Cloud
Nécessaire en blanc à la fleur
de prunus en relief
, vers 1740
Montures en argent, porcelaine tendre,
chêne, placage en pin, soie moirée bleue,
orfèvrerie (six cuillers manquantes),
cristal, étain
Paris, musée des Arts Décoratifs
Photo : Les Arts Décoratifs
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Un sujet difficile, car on a tendance à confondre la production des manufactures qui ont précédé Vincennes-Sèvres : Rouen, Chantilly, Mennecy, Saint-Cloud. Ici Saint-Cloud est bien circonscrit grâce à la présence de pièces de comparaison émanant des autres manufactures. On nous montre bien ce qui lui est propre : ses marques, le mécénat des Orléans. Les formes sont simples mais les décors sont variés et pleins de charme, les points forts étant le décor Berain en camaïeu bleu (ill. 1) , le décor kakiemon, les fonds jaunes, le décor de fleurs blanches en relief. On s’attend à ce que les œuvres soient présentées chronologiquement ou par types de décors. Surprise : elles sont présentées par matières. On étudie donc successivement la toilette, la table et d’une façon générale la vie quotidienne au XVIIIe siècle. Les objets sélectionnés permettent d’évaluer la richesse de nos musées de région comme celui de Saumur et celle des réserves de nos musées parisiens comme Sèvres et les Arts décoratifs et de regretter la présentation élitiste trop souvent adoptée. J’ai particulièrement aimé un nécessaire en porcelaine blanche appartenant au musée des Arts décoratifs (ill. 2). La présentation élégante est due aux commissaires elles-mêmes. Il est très agréable d’admirer des objets d’art jouissant chacun d’une vitrine, isolés les uns des autres comme des tableaux. Le catalogue comprend des essais dus aux plus grands amis de la porcelaine, Antoine d’Albis, Bernard Dragesco, Gérard Mabille, Florence Slitine.

Commissaires : Emmanuelle Le Bail et Christine Lahaussois.


Sous la direction d’Emmanuelle Le Bail et Christine Lahaussois, Tendre porcelaine de Saint-Cloud. Des formes et des usages au XVIIIème siècle., Musée des Avelines, 116 p., 15 €. ISBN : 9782955082553.


Informations pratiques :Du 17 novembre 2016 au 19 mars 2017. Musée des Avelines - Musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud, 60 rue Gounod, Saint-Cloud. Tél : + 33 (0)1 46 02 67 18. Ouvert du mercredi au samedi de 12h à 18h et le dimanche de 14h à 18h. Tarifs : entrée gratuite. Site internet.


Daniel Alcouffe, jeudi 23 février 2017





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