Une exposition sur L’Art de la Paix riche en découvertes


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1. Merry-Joseph Blondel (1781-1853)
La Paix, 1822
Huile sur toile - 271 x 210 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP
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2/12/16 - Exposition - Paris, Petit Palais - La politique d’exposition du Petit Palais est particulièrement brillante. On peut actuellement en admirer pas moins de trois, en attendant un programme 2017 particulièrement alléchant.

Celle consacrée à Albert Besnard avait déjà fait l’objet d’un article dans La Tribune de l’Art lors de sa présentation à Évian. Une deuxième, très bonne, sur Oscar Wilde, mériterait une recension sur notre site mais nous n’aurons pas le temps de l’écrire (nous vous recommandons néanmoins d’aller la voir). Quant à la troisième, elle nous a surpris par sa qualité et surtout par le nombre d’œuvres notables qui sont rarement visibles, souvent parce qu’elles sont conservées en réserves.

C’est ainsi que nous pouvons y admirer, peut-être pour la première fois depuis son dépôt à la fin des années 30, un des tableaux de Merry-Joseph Blondel (ill. 1) qui se trouvait au Louvre à la place aujourd’hui occupée par les Oiseaux de Braque. Il est dommage que ces œuvres, après avoir été éjectées du plafond pour lequel elles avaient été peintes, n’aient pas pu au moins rester exposées en salles. Celle-ci, qui représente La Paix (elle fait pendant à une allégorie de la Guerre et à une toile centrale représentant La Dispute de Minerve et de Neptune au sujet d’Athènes), est une (très) belle figure néoclassique.

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2. Vassili Verechtchaguine (1842-1904)
Apothéose de la guerre, 1871
Huile sur toile - 127 x 197 cm
Moscou, galerie Tretiakov
Photo : Wikimedia/Domaine public
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Plusieurs tableaux anciens viennent de musées où l’on ne se rappelle pas les avoir déjà vus, étrangers ou français : Double portrait de Louis XV et de l’infante-reine Marie Anne Victoire par Jean-François de Troy (Florence, Museo degli Uffizi), Allégorie de la France accueillant la Paix attribuée à Jean-Jacques Lagrenée (Bar-le-Duc), Entrevue de Napoléon Ier et d’Alexandre ier sur le Niémen (Versailles)… D’autres toiles, plus récentes, sont particulièrement frappantes, comme l’Apothéose de la guerre par le russe Vassili Verechtchaguine (ill. 2), accumulation de crânes survolés de corbeaux (ill. 2) ou celui du peintre animalier méconnu Pierre-Gustave Deville (on ignore même l’année de sa mort) qui exécuta en 1843 une autre version de la Prise de la Smala d’Abd el-Kader (ill. 3), très différente de celle d’Horace Vernet puisqu’elle montre une famille de vautours attendant patiemment la fin de la bataille qui va lui apporter son lot de chair fraîche.


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3. Pierre-Gustave Deville (1815- ?)
Famille de vautours ou Prise de la Smala d’Abd-el-Kader, 1855
Huile sur toile - 172 x 130 cm
Moulins, Musée départemental Anne-de-Beaujeu
Photo : D. R. (domaine public)
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Beaucoup de découvertes donc, ce qui est toujours appréciable dans une exposition. On y ajoutera (ce qui sort un peu du champ de La Tribune de l’Art) la présence de nombreux documents diplomatiques de première importance (traités de paix notamment). Faute d’avoir lu le catalogue, nous ne ferons pas ici une critique argumentée de l’exposition qui semble, quoi qu’il en soit, le résultat d’un gros travail. Cette brève n’a pour objectif que de susciter la curiosité et de donner envie aux amateurs de la visiter. Elle le mérite.

Commissaires : Patrick Lemasson, Isabelle Nathan, Isabelle Richefort, Gaëlle Rio.

Collectif, L’Art de la Paix, secrets et trésors de la diplomatie, 329 p., 49,90 €. ISBN : 9782759603374.


L’exposition a lieu du 19 octobre 2016 au 15 janvier 2017.
Voir les modalités pratiques sur le site internet du Petit Palais.


Didier Rykner, vendredi 2 décembre 2016





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