
Louise (ou Louyse) Moillon (vers 1610-1696)
Nature morte aux grenades et bigarades
dans un panier, après 1641
Huile sur panneau - 49,5 x 64 cm
Collection LGR
Photo : Galerie Coatalem
13/11/09 – Exposition – Paris, galerie Coatalem – Louise Moillon signait Louyse, indéniablement, et il faudra peut-être, contrairement à ce que nous avions fait jusqu’à présent, se résoudre à remplacer le i par un y, malgré la graphie traditionnelle en général utilisée jusqu’ici.
Parmi les dix natures mortes exposées à la galerie Coatalem pendant un mois, dont une inédite (ill.), trois sont signées. Les autres ont été sélectionnées avec rigueur pour ne montrer que des œuvres certaines de l’artiste1. Un tel rassemblement est exceptionnel car aucune rétrospective n’avait été consacrée auparavant à cette femme peintre dont à peine une quinzaine d’œuvres sont conservées dans un musée. L’exposition donne une image claire de l’artiste et de sa technique, sobre et veloutée. Si le petit catalogue publié à cette occasion par la galerie a tenu à expliciter le sens symbolique de chaque fruit représenté, on peut s’interroger sur le contenu allégorique de ces tableaux. Contrairement à d’autres peintres de nature morte de la première moitié du XVIIe siècle, Moillon peint rarement autre chose que des fruits. Pas de crânes, pas d’insectes ou très peu, pas de coraux ni de coquillages, pas d’animaux morts, pas de sabliers, pas de bougies... Même si ce concept peut paraître un peu anachronique, Louyse Moillon semble privilégier avant tout le plaisir de la peinture pure.
