Une exposition-dossier à Dijon autour du Cantique des Cantiques de Gustave Moreau


2/11/11 - Publication, exposition, acquisitions - Dijon, Musée des Beaux-Arts - Le Musée des Beaux-Arts de Dijon, actuellement en travaux pour son agrandissement, reste néanmoins partiellement ouvert et propose actuellement une exposition-dossier consacrée à l’un de ses chefs-d’œuvre, Le Cantique des Cantiques de Gustave Moreau (ill. 1).


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1. Gustave Moreau (1826-1898)
Le Cantique des Cantiques, 1853
Huile sur toile - 30 x 31,9 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon

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2. Gustave Moreau (1826-1898)
Etude pour un soldat, 1853
Mine de plomb - 21,9 x 29,4 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon

Cette petite exposition, que nous n’avons pas vue mais dont nous avons pu lire le catalogue, est l’occasion de présenter au public huit dessins préparatoires à ce tableau, dont sept ont été acquis en 2008 et un huitième donné par Edwart Vignot, l’« inventeur » de cet ensemble qu’il avait découvert et justement attribué à Moreau après avoir longuement hésité entre celui-ci et Théodore Chassériau1.
Ces feuilles ne sont pas inconnues puisqu’elles avaient fait l’objet, avec d’autres de même provenance mais réalisées pour des toiles différentes, d’un accrochage à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts en 20052 dont nous avions rendu compte ici même (voir la brève du 18/10/05).


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3. Gustave Moreau (1826-1898)
Etude pour la Sulamite, 1853
Mine de plomb - 29,2 x 21,9 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon
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4. Gustave Moreau (1826-1898)
Etude d’un homme nu, 1853
Mine de plomb - 29,2 x 21,9 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon

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5. Gustave Moreau (1826-1898)
Homme nu assis, 1853
Mine de plomb - 29,3 x 21,9 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon
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6. Gustave Moreau (1826-1898)
Groupe de personnages endormis, 1853
Mine de plomb - 21,9 x 29,4 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon

On comprend sans peine les raisons de l’hésitation entre les deux artistes. A cette époque, « Moreau signait Chassériau », selon une belle formule inventée par le collectionneur3, tant il est vrai que les dessins mais aussi l’œuvre définitive, sont étonnamment marqués par une espèce de mimétisme de Moreau devant la manière de Chassériau, une influence dont il devait rapidement s’éloigner mais qui imprégnera durablement son art.


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7. Gustave Moreau (1826-1898)
Groupes de personnages, 1853
Mine de plomb - 21,9 x 29,4 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon
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8. Gustave Moreau (1826-1898)
Groupe de personnages endormis, 1853
Mine de plomb - 21,9 x 29,4 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée de Dijon

Le catalogue explore à cette occasion les liens entre les deux artistes grâce à un essai de Christine Peltre, Sophie Barthélémy se penche sur les figures des héroïnes bibliques dans l’œuvre de Moreau et des peintres du XIXe siècle, tandis que la genèse du Cantique des Cantiques est étudiée par Marie-Cécile Forest et Matthieu Gilles. Ce dernier, qui analyse le rôle des dessins dans l’élaboration du tableau, note, à juste titre, que « la démarche de Moreau n’est pas celle d’un “classique“, partant de ses esquisses de composition pour ensuite étudier ses figures séparément avant de passer à la réalisation picturale, [mais que] chez lui, plusieurs tableaux sont élaborés en parallèle [alors qu]’il effectue plusieurs va-et-vient entre ses esquisses de compositions et ses études de détails, qui sont souvent griffonnées et peu finies. » C’est toute la leçon de cette exposition et de la publication qui l’accompagne.

Collectif, La Sulamite dévoilée. Genèse du Cantique des Cantiques de Gustave Moreau, Gourcuff-Gradenigo, 2011, 72 p., 17 €. ISBN : 9782353401147.


L’exposition a lieu au Musée des Beaux-Arts de Dijon du 15 octobre 2011 au 16 janvier 2012.

English version


Didier Rykner, mercredi 2 novembre 2011


Notes

1Nous avions signalé ces acquisitions dans une brève du 10/6/09, mais en ne reproduisant que la feuille offerte au musée.

2Quatre dessins avaient alors été offerts par Edwart Vignot à l’Ensba.

3Dans une communication devant l’Académie des Beaux-Arts le 12 novembre 2003.





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