Une exposition de dessins pour la réouverture du Musée Jenisch Contenu abonnés


La Tentation du dessin, du 23 juin au 14 octobre 2012

Le hall d’entrée a retrouvé ses airs de villa pompéienne avec ses murs rouges (délivrés de leurs repeints jaunes) en harmonie avec L’Automne et L’Eté, deux fresques qu’Ernest Biéler peignit en 1917 (ill. 1). Le sol a été débarrassé de sa moquette douteuse pour retrouver du terrazzo et du parquet. Bref, le Musée Jenisch1 de Vevey a rouvert ses portes en juin dernier après trois ans de travaux (ill. 2).


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1. Ernest Biéler (1863-1948)
L’Automne, 1917
Vevey, Musée Jenisch
Photo : BBSG
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1. Le Musée Jenisch à Vevey
Photo : Studio Edouard Curchod

Désormais, les expositions temporaires2 se déploient au rez-de-chaussée tandis que le premier étage est exclusivement consacré aux collections permanentes qui, auparavant, devaient céder la place aux manifestations saisonnières. Dans une grande salle à verrière, un florilège de peintures parmi le millier de la collection, n’est classé ni par école ni par époque, mais par association d’idées ; des confrontations étonnantes qui permettent au passage d’évoquer les différentes donations faites à l’institution. Dominique Radrizzani, son directeur, a par exemple choisi de faire dialoguer la fluidité du XVIIIe, incarnée par Natoire, avec l’ondoiement d’une œuvre du jeune Picasso : La Fontaine dans le cloître de la cathédrale de Barcelone (1898). Quatre Courbet sont dispersés sur les murs, dont l’un est placé à côté de Nicolas de Staël, pour qui le maître d’Ornans incarnait la modernité. D’un bout à l’autre de la pièce, La Petite Bergère de René Auberjonois échange un regard avec Le Roi des Chats de Balthus ; plus loin, l’abandon d’un Baiser de Steinlen (ill. 3), acheté chez Sotheby’s en juin dernier, rappelle que le musée mène une politique d’acquisitions3 dynamique.

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3. Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923)
Le Baiser
Huile sur toile - 62 x 38,5 cm
Vevey, Musée Jenisch
Photo : Sotheby’s

Une autre salle présente quelques œuvres d’Alechinsky, notamment Les Jours rallongent (1986), artiste dont le musée conserve un fonds d’importance ; de même, la Fondation Kokoschka, qui siège au Jenisch, dispose de deux pièces pour exposer les peintures de l’Autrichien mort en Suisse (sans compter ses 2000 dessins et estampes). Enfin, une salle d’art contemporain présente des œuvres variées, avec quelques « classiques » comme Andy Warhol, ou l’étonnant travail de pyrogravure de Silvia Buonvicini.

Mais les points forts du musée sont sans conteste les arts graphiques : le Cabinet cantonal des estampes, créé il y a plus de vingt ans est riche de 35 000 œuvres et détient l’un des plus grands fonds suisses de Rembrandt et de Dürer ; on peut actuellement y admirer Le Baiser de Munch ou Les Saltimbanques de Picasso. Le Cabinet national du dessin, fondé en 2005, conserve quant à lui 5000 feuilles. Le musée n’a de cesse de mettre en valeur cette collection, par des acquisitions et l’encouragement de dépôts, par des expositions aussi. Un centre de documentation pour le dessin et l’estampe met à la disposition des chercheurs…

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