Une expertise demandée dans l’affaire du Jubé de Chartres


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France, vers 1230-1240
Fragment du jubé de la cathédrale de Chartres
Partie supérieure de la rosace centrale
Pierre calcaire - 163 x 62 x 7 cm
Paris, Galerie Brimo de La Roussilhe
Photo : Galerie Brimo de La Roussilhe

28/10/10 – Patrimoine – Jubé de Chartres – C’est une décision surprenante qu’a prise aujourd’hui le Tribunal de Grande Instance de Paris dans l’affaire du fragment du jubé de Chartres revendiqué par l’Etat auprès de la galerie Brimo de La Roussilhe.

Alors que l’on s’attendait à une décision donnant raison à l’une ou l’autre des parties, le tribunal a prononcé la réouverture des débats et demandé qu’une expertise soit conduite afin de déterminer s’il est possible que « le fragment litigieux soit celui correspondant au bas relief formant contrepartie du précédent et composé d’animaux symboliques cité dans le rapport Lassus ». L’expert sera également chargé de « donner un avis sur la possibilité de déterminer la date possible de distraction de l’œuvre et dans l’affirmative préciser celle-ci » et de « donner tous autres éléments utiles à la solution du litige ».

Le spécialiste désigné, Louis Prieur, est architecte du patrimoine, depuis 1995 expert près de la cour d’appel de Paris dans le domaine « architecte » et « monuments historiques. » Il devra rendre ses conclusions avant le 15 février 20111.
Sur les deux points principaux de l’expertise demandée, nous avons déjà ici démontré que le fragment ne peut être celui cité dans le rapport Lassus (voir l’article). Quant à déterminer exactement à quelle date il est sorti de la cathédrale, s’il est certain que cela ne peut être après 1837, il nous paraît impossible d’aller plus loin en l’absence d’autres éléments que ceux déjà connus. Le fragment a quitté la cathédrale entre 1763, date de la destruction du jubé, et 1837. Cette conclusion est d’ailleurs celle de Vincent Cochet, alors conservateur en charge de la cathédrale, dans son rapport du 24 juillet 2007, avant que le ministère de la Culture ne change totalement son fusil d’épaule, prétendant contre toute évidence que le fragment avait disparu après 1848 (voir nos précédents articles2.)

English version


Didier Rykner, jeudi 28 octobre 2010


Notes

1Sauf prorogation de ce délai dûment sollicité en temps utile.

2On remarquera que la fiche de ce fragment qui apparaissait sur la base Palissy avec la mention « propriété de l’Etat » a disparu après que nous ayons signalé son existence.





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