Une esquisse de Vincent acquise par le château de Pau


30/3/18 - Acquisition - Pau, Musée national du château - Le comte d’Angivillers, directeur général des bâtiments du roi sous Louis XVI, multiplia les commandes relatives aux grands hommes, soit dans des figures sculptées, soit en représentant leurs faits et gestes en peinture ou en tapisserie. Une esquisse de François-André Vincent, préparatoire à un carton de tapisserie et montrant Henri IV quittant Gabrielle d’Estrées (ill. 1), relève de cette veine ; elle vient d’être acquise par le Musée du château de Pau auprès de la galerie Talabardon & Gautier.


JPEG - 338.8 ko
1. François-André Vincent (1746-1816)
Les Adieux de Henri IV et Gabrielle d’Estrées, 1786
Huile sur toile - 44,2 x 34,8 cm
Pau, Musée national du château
Photo : Galerie Talabardon & Gautier
Voir l'image dans sa page
JPEG - 299.3 ko
2. Manufacture des Gobelins
d’après François-André Vincent (1746-1816)
Les Adieux de Henri IV et Gabrielle d’Estrées, 1786
Laine et soie - 160 x 146 cm
Pau, Musée national du château
Photo : RMN-GP/R. G. Ojéda
Voir l'image dans sa page

Ce type de sujet préfigure ce qui deviendra, au tout début du XIXe siècle, la peinture troubadour. Le thème traité ici correspond tout à fait à ce genre, même si le traitement est encore très proche de la peinture rococo. Entre Fragonard et David, le titre de la monographie que consacra Jean-Pierre Cuzin au peintre chez Arthena, correspond parfaitement à cette étude peinte qui tend davantage cependant vers le premier.
D’Angivillers commanda à Vincent quatre cartons afin de tisser une suite de tapisseries des Gobelins illustrant l’histoire d’Henri IV pour les offrir au grand-duc Paul, héritier du trône de Russie. Les cartons furent peints entre 1783 et 1785, et en 1786 furent commandées deux peintures supplémentaires pour compléter la tenture. Il semble néanmoins que celle-ci ne fut que partiellement tissée et qu’elle ne parvint jamais au grand-duc. Le sort des pièces réalisées n’est pas clair, une seule de cette première série étant aujourd’hui dans les collections du Mobilier National.
Au début de l’Empire, puis sous la Restauration, le tissage de deux nouvelles tentures d’après les cartons de Vincent fut entrepris, mais seuls dix tapisseries furent réalisées (quatre sujets deux fois et deux sujets une fois). Le Mobilier National conserve aujourd’hui quatre pièces tandis que six autres se trouvent au château de Pau (ill. 2). Quatre cartons peints sont à Fontainebleau, un au Louvre, et le sixième, justement celui que prépare cette esquisse, est perdu.

La peinture acquise par Pau montre une scène tirée de La Henriade de Voltaire : le départ de Henri IV, qui s’arrache aux bras de Gabrielle d’Estrée alors que son cheval l’attend à gauche de la composition, tenu par son écuyer, et qu’à droite une statue de l’Amour semble éplorée. Elle provient de la collection de Julien-Victor Veyrenc, qui fut élève de Vincent mais est mieux connu par son legs au Musée de Valence d’une centaine de dessins d’Hubert Robert.
Pau conservait déjà une esquisse de Vincent pour une des tapisseries, représentant Henri IV et Sully blessé, achetée en 1984 sous une fausse attribution à Évariste Fragonard.


Didier Rykner, vendredi 30 mars 2018





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Ariane James-Sarazin nommée directrice adjointe du Musée de l’Armée

Article suivant dans Brèves : Une souscription pour le Musée des Tissus de Lyon

Publicité Annonce Artcurial