Une esquisse de Pierre Lacour pour Bordeaux


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Pierre Lacour (1745 – 1814)
Projet pour le plafond du Grand Théâtre de Bordeaux
La Gloire du Gouverneur de Guyenne, vers 1774
Huile sur toile - 63,5 x 78 cm
Bordeaux, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Bordeaux

19/7/16 - Acquisition - Bordeaux, Musée des Beaux-Arts - La Gloire du Gouverneur de Guyenne fut éphémère puisque l’esquisse qui la met en scène ne fut pas transformée en œuvre monumentale. Ce projet de Pierre Lacour pour le plafond du Grand Théâtre de Bordeaux a été offert au Musée des Beaux-Arts de la ville par la Société des Amis, qui l’a acheté dans une vente aux enchères organisée par l’étude Briscadieu à Bordeaux le 12 mars 20161.

Pierre Lacour se forma d’abord à Bordeaux, puis à Paris à partir de 1764 où il étudia dans l’atelier de Joseph-Marie Vien. Il obtint le second prix de Rome en 1769 et partit pour l’Italie. Lorsqu’il revint dans sa ville natale, il exposa au Salon de 1774 plusieurs peintures parmi lesquelles ce projet pour le plafond du théâtre qui était alors en cours de construction, sous la direction de l’architecte Victor Louis.
Le thème proposé aux artistes était Apollon et les Muses agréant l’édification d’un temple élevé par la Ville de Bordeaux. Lacour est fidèle au sujet qu’il organise dans une composition ovale, adaptée à la forme du plafond. Il ne montre pas toutefois des personnages qui s’élèvent dans les airs, tournoyant, mais les répartit comme s’il s’agissait d’une peinture de chevalet avec un haut et un bas, un ciel et un sol constitué par les nuages. Apollon se tient debout au centre, il désigne la maquette d’un monument à la Ville de Bordeaux incarnée par une femme avec un léopard à ses pieds et un manteau brodé de croissants entrecroisés, qui se tient sous un arc monumental. La maquette est entourée par les allégories de l’Architecture, de la Peinture et de la Sculpture. Des putti tiennent une corne d’abondance qui déverse ses pièces d’or sur le groupe. En bas, à droite, Mercure, dieu du commerce, est assis sur des ballots, un tonneau et une ancre, tandis qu’en haut à gauche, siège dans les nuées le maréchal de Richelieu, gouverneur de l’ancienne province de Guyenne, qui eut un rôle dans la construction du théâtre. Il est entouré de la Renommée et de la sage Minerve, et couronné par Flore et par Zéphyr.
La Bibliothèque municipale conserve sept dessins préparatoires pour cette peinture, qui montrent quelques différences.

Malgré la place flatteuse donnée au gouverneur, le peintre ne remporta pas la commande. Celle-ci fut confiée au Parisien Jean-Baptiste Claude Robin qui, dans sa composition, multiplia les allégories et les dispersa tout autour, jouant davantage sur les effets de perspective, et n’hésitant pas à représenter des figures en raccourci. Le musée conserve un dessin de Pierre Nolasque Bergeret réalisé en 1829, un projet pour remplacer le plafond qui avait mal résisté au temps et s’était dégradé très vite en raison de sa vitesse d’exécution. À la suite d’un concours, Maurice Roganeau exécuta finalement en 1917 une fidèle reproduction de la peinture originale, toujours en place, dont on peut voir aussi une esquisse dans les collections du musée.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 19 juillet 2016


Notes

1Cette brève est rédigée en partie grâce à la notice envoyée par la Société des Amis du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.





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