Une broche de l’impératrice Eugénie pour le Louvre


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François Kramer
Broche d’épaule de
l’impératrice Eugénie, 1853
Perles, diamants, or - 10 x 5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Louvre / Harry Bréjat

27/03/15 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Depuis la vente fameuse et catastrophique de 1887, provoquée par l’adoption d’une loi d’aliénation (voir l’article), qui entraina la dispersion des diamants, pierreries et joyaux de la Couronne, le Louvre tente de récupérer un par un ces trésors dispersés dans la nature, dont la valeur patrimoniale fut sacrifiée à la valeur marchande.
Ainsi, en 2008, le grand nœud de corsage d’Eugénie réalisé par François Kramer, joaillier de l’impératrice, avait été acquis par le musée parisien (voir la brève du 23/4/08) ; cette pièce qui faisait partie d’une ceinture, fut présentée à l’Exposition universelle de 1855, Napoléon III voulant alors exhiber le faste et le savoir-faire français.
Aujourd’hui, c’est une broche d’épaule qui vient d’entrer dans les collections, achetée directement à un collectionneur privé. Elle aussi fabriquée par Kramer pour Eugénie, elle se compose de vingt-cinq diamants, de sept perles, de brillants également, et appartenait à un ensemble : peu de temps après son mariage, en 1853, Napoléon III commanda pour l’impératrice une nouvelle parure confectionnée à partir des diamants de la Couronne. Deux joailliers réputés se partagèrent la tâche : Alexandre-Gabriel Lemonnier conçut un diadème et une couronnette, ainsi qu’une grande broche de corsage. François Kramer réalisa quatre broches de taille croissante : deux broches de corsage et deux broches d’épaule, dont celle-ci. On sait que lors de la vente de 1887, elle fut achetée par Bapst et fils, famille de joailliers qui travailla elle aussi pour la couronne... Alfred Bapst notamment, reçut la commande pour l’impératrice d’une parure de feuilles de groseilliers en diamants, dont la broche est passée en vente chez Christie’s à Genève le 11 novembre 2014. Adjugée 2 millions de dollars, elle a échappé au Louvre.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 30 mars 2015





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