5/1/11 – Internet – En ligne depuis trois ans, la base de données e-monumen en est déjà à sa deuxième version. A l’origine, il s’agissait de recenser toutes les sculptures du XIXe siècle en fonte, c’est à dire en général des multiples qui étaient vendus sur catalogue pour être installées dans l’espace public (un sujet assez peu connu). Puis, le thème en a été élargi pour y inclure les sculptures en bronze qui faisaient généralement l’objet d’une commande spécifique, et tous les éléments de décoration en métal. Seules sont retenues les œuvres facilement accessibles par le public, ce qui exclut les œuvres en collections privées.
Ce projet avait été développé par l’ASPM (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Métallurgique Haut-Marnais), rejointe depuis par le Réseau International de la Fonte d’Art, puis par le Musée d’Orsay et le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques. Il est également soutenu par le Ministère de la Culture dans le cadre de l’appel à projets innovants 2010.
La base est double : Monumen recense les sculptures tandis que Volumen montre les planches des catalogues utilisés pour diffuser celles-ci, la première partie renvoyant à la seconde. La recherche peut être géographique (à partir d’une carte Google), par sculpteur, par type de monuments ou par sujets. Seuls les fondeurs d’origine française sont pris en compte, quelle que soit la localisation des sculptures. Une application sur smartphone permet de retrouver, à proximité du lieu où l’on se trouve, les œuvres de la base.
Pour l’instant, environ 1100 fiches sont mises en ligne incluant plusieurs milliers de photographies (dont certaines proviennent du fonds Debuisson - voir l’article). Près d’un millier de fiches supplémentaires existent mais attendent d’être versées dans la base. Le principe est celui de la participation des internautes, chacun pouvant l’enrichir après s’être enregistré.
On ne peut reprocher à cette base d’inclure seulement les sculptures publiques en métal puisqu’il s’agit d’un projet initié par des associations s’intéressant aux fonderies. Il faut cependant espérer qu’à terme l’implication du Musée d’Orsay permette de l’étendre aux monuments en pierre et en marbre. Un élargissement aux sculpteurs français, même si la fonte est étrangère (on pense par exemple à Marochetti en Angleterre) serait également bienvenu.
Notons tout de même que, malgré son intérêt évident, cette base souffre de quelques défauts. Le premier est la lenteur de l’accès qui ne doit pas décourager les visiteurs. Un deuxième, plus gênant, est la multiplicité des contributeurs qui ne signent pas leur textes et ne donnent pas précisément leurs sources. Ne sachant pas qui les a écrits et d’où proviennent ces renseignements, il est impossible de s’assurer de leur fiabilité. Il arrive même que certaines notices soient tirées de Wikipedia, ce qui n’est pas forcément un signe de qualité. Bien sûr, toutes les fiches mises en ligne ne le sont qu’après validation par le responsable de la base, mais il est impossible pour lui de vérifier la justesse de ces informations, il ne peut s’assurer que de leur cohérence. Enfin, on ne sait pas toujours si le monument existe encore ou a été détruit.
Il s’agit donc d’un work in progress, un travail encore perfectible, loin d’être encore complet mais qui ne pourra qu’aller en s’améliorant et qui à terme devrait être un outil d’aide à la visite (notamment grâce à l’application smartphone), ainsi qu’un instrument utile pour les historiens de la sculpture.
