
1. Adrian Isenbrant
L’Assomption de la Vierge
Paris, musée national du Moyen-Age
Huile sur panneau - 115 x 160 cm
Photo : RMN/ Franck Raux
12/9/04 – Acquisitions – Paris, musée national du Moyen-Age – Le musée de Cluny a acquis au mois de juin deux trésors nationaux qui avaient été interdits temporairement de sortie du territoire.
Le premier est un grand triptyque d’Adrian Isenbrant, vers 1520, représentant L’Assomption de la Vierge1 (ill. 1), Saint André sur fond de paysage au revers du volet gauche et Sainte Catherine sur fond de paysage au revers du volet droit (ill. 2). Autrefois attribué à Gerard David, ce retable était conservé en Bourgogne au château de Grancey depuis au moins la fin du XIXe siècle. Prêté par ses propriétaires au musée de Dijon, il y fut exposé après la guerre jusqu’en 1958. Sa provenance ancienne n’est pas connue.
Isenbrant, bien que peintre à Bruges, ne fut sans doute pas formé dans cette ville. Il fut longtemps ignoré des historiens de l’art et son œuvre était cachée sous des noms divers, bien qu’il semble avoir eu de son vivant une position importante et une grande réputation. La reconstitution de sa carrière ne date que de la seconde moitié du XIXe siècle. En France, le musée de Strasbourg (un Christ au jardin des Oliviers) et celui de Dijon (une Madeleine) conservent des tableaux d’Isenbrant.

2. Adrian Isenbrant
Saint André et Sainte Catherine
Paris, musée national du Moyen-Age
Huile sur panneau
Photo : RMN/ Franck Raux
Le second est une feuille du manuscrit appelé le Lectionnaire de Cluny, datant des environs de 1100. Mesurant 44 x 32,5 cm, elle est ornée d’une enluminure pleine page représentant L’Ascension du Christ. Le musée justifie cette acquisition par le fait qu’elle « recrée un lien virtuel fort entre l’abbaye-mère et l’hôtel des abbés qui abrite le musée » et parce qu’il ne conservait, jusqu’à aujourd’hui, qu’un seul feuillet enluminé de cette période. Si l’on peut se réjouir de voir ce fragment rejoindre les collections nationales, on peut cependant se demander quelle est la logique qui sépare le Lectionnaire, conservé à la Bibliothèque Nationale, d’une feuille qui en faisait partie. Au moins sera-t-elle exposée au public.
