Un tableau du Musée de Montargis attribué à Géricault


Attribué à Théodore Géricault (1791-1824)
Les trois crânes
Huile sur toile - 31,5 x 60 cm
Montargis, Musée Girodet
Photo : Musée Girodet

6/10/07 – Découverte – Montargis, Musée Girodet – En marge des expositions consacrées au sculpteur Triqueti à Orléans et Montargis, dont nous reparlerons en détail très prochainement, le Musée Girodet publie un court ouvrage de Bruno Chenique dans lequel celui-ci attribue à Théodore Géricault une toile représentant Trois crânes (ill.), jusqu’ici exposée sous le nom d’Henri de Triqueti.
Cette œuvre est entrée au musée avec l’atelier du sculpteur, mais ne fut répertoriée qu’en 1937. Selon Chenique, l’ancienne attribution se comprend aisément, l’œuvre portant l’étiquette C. de T. (Collection de Triqueti). Elle n’était par ailleurs nulle part documentée. S’appuyant sur une analyse stylistique, conforté par le goût de Triqueti pour Géricault et par la présence dans sa collection de plusieurs œuvres de ce dernier, il estime que cette nature morte revient sans aucun doute au peintre.

Une analyse scientifique effectuée au C2RMF aurait montré que le rapprochement avec les autres peintures de Triqueti serait peu probant. On n’en saura pas plus. Cet aspect de l’œuvre du sculpteur étant complètement inconnu et les expositions ne montrant aucune de ses toiles, il est difficile de se faire une opinion personnelle.
On peut, en revanche, constater que les similitudes avec les tableaux de Géricault sont réelles. Inhabituellement indulgent avec Jacques Thuillier, Bruno Chenique rappelle que celui-ci avait, le premier, signalé la proximité des Trois crânes avec les études anatomiques du peintre de la Méduse. Notons que cette nature morte évoque aussi, à la fois dans le sujet, la composition, le traitement et même l’esprit, les Têtes de suppliciés de Stockholm.
Nous nous contenterons cependant, dans la légende de l’illustration, d’un prudent « attribué à » qui n’a rien de déshonorant. Il sera intéressant de connaître l’avis des autres spécialistes. La paternité de La Vieille Italienne, déjà rendue à l’artiste par Bruno Chenique et dont ce site a déjà parlé abondamment, n’est pas acceptée par tout le monde et fait encore débat [1].

local/cache-vignettes/L115xH115/Couverture_Gericault-2-81f39.jpgBruno Chenique, Triqueti et l’avant-garde du régiment Géricault. Un tableau inédit de Théodore Géricault, Editions Gourcuff-Gradenigo, 36 p., 9 €. ISBN : 978-2-35340-034-8.

English version


Didier Rykner, samedi 6 octobre 2007


Notes

[1] Nous pensons, pour notre part, qu’elle revient bien à Géricault.



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