Un tableau de Ribera offert au Städel Museum de Francfort


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Jusepe de Ribera (1591-1652)
Saint Jacques le Majeur, vers 1614
Huile sur toile - 133,1 x 99,1 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum

8/12/14 - Acquisition - Francfort, Städel Museum - L’actualité de « Ribera jeune », l’ancien Maître du Jugement de Salomon, est décidément très riche actuellement. Alors que l’exposition de Rennes (voir l’article) montre deux acquisitions récentes des musées français et une superbe découverte dans les réserves de Montauban, le Städel Museum de Francfort vient de se voir offrir un chef-d’œuvre absolu de cet artiste.

Il s’agit d’un Saint Jacques le Majeur (une iconographie pas si évidente puisqu’on ne voit aucune coquille saint-jacques, attribut habituel de cet apôtre1) situé par le musée vers 1615-1616 mais que Guillaume Kientz, conservateur au Louvre en charge de la peinture espagnole (et co-commissaire de l’exposition de Rennes) place plutôt vers 1614, tandis que Viviana Farina2, spécialiste de la peinture napolitaine de la première moitié du XVIIe siècle, penche également pour une datation plus précoce, pas après 1614.
Cette toile a été offerte à l’occasion de son centième anniversaire par Dagmar Westberg, qui l’a acquise spécialement auprès de la galerie Bernheimer-Colnaghi. Cette donatrice importante du musée de Francfort est issue d’une famille d’industriels coutumière de ce type de mécénat. Bien que la toile ne soit pas si grande que cela (sa hauteur n’est supérieure que d’une vingtaine de centimètres aux tableaux de l’Apostolado exposés à Rennes), la photo émouvante de la donatrice centenaire à ses côtés, qui apparaît toute frêle, la fait paraître encore plus monumentale.

Ce tableau était donné au Maître du Jugement de Salomon3 avant d’être, depuis au moins 1978, rendu à Ribera (à une époque où l’on pensait encore qu’il s’agissait de deux artistes différents). Cela montre qu’il n’y a pas de solution de continuité entre les œuvres anciennement attribuées au premier et celles qui ont depuis longtemps porté le nom du maître espagnol. On peut notamment constater une forte ressemblance entre ce saint Jacques et le saint Paul du tableau de Strasbourg (Saint Pierre et saint Paul) malgré la différence d’âge des deux saints. La solution était à portée de main, encore fallait-il la trouver comme l’a fait si brillamment Gianni Papi.

Si Francfort conservait déjà quelques tableaux caravagesques, cette toile est le premier Ribera à entrer dans ses collections.


Didier Rykner, lundi 8 décembre 2014


Notes

1Il était d’ailleurs autrefois identifié par Nicola Spinosa dans L’Opera Completa del Ribera comme un Saint Jacques le Mineur.

2Dans une opinion formulée dans le groupe Le Connoisseur sur Facebook.

3D’après le musée ; notons cependant que dans l’ouvrage de Nicolas Spinosa cité note précédente il est dit qu’il était déjà attribué à Ribera en 1924.





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