Un tableau de Nicolas de Plattemontagne acquis par Bâle


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Nicolas de Plattemontagne (1631-1706)
Le miracle de saint Paul et de Sylas en prison
Huile sur toile - 111 x 90 cm
Bâle, Kunstmuseum
Photo : Galerie Claude Vittet
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20/9/17 - Acquisition - Bâle, Kunstmuseum - Nicolas de Plattemontagne, peintre parisien dont le père était originaire d’Anvers, fut l’élève de Philippe de Champaigne dans l’atelier duquel il se lia d’amitié avec son neveu, Jean-Baptiste de Champaigne. Deux expositions ont permis de mieux connaître ces deux derniers artistes, la première organisée à Évreux en 2007 (voir l’article), et la seconde en 2009 au Musée de Port-Royal (voir l’article).

La galerie Claude Vittet, lors du dernier Salon Paris Tableau à Bruxelles (voir l’article) présentait une toile de Nicolas de Plattemontagne, Le Miracle de saint Paul et Sylas en prison aussi appelée La Conversion du geôlier de saint Paul, en relation directe avec le May de 1666. Celle-ci a été acquise par le Kunstmuseum de Bâle. Rappelons que les Mays étaient de grands tableaux représentant des scènes tirées des Actes des Apôtres que la Corporation des orfèvres de Paris offrait chaque année à la cathédrale Notre-Dame, en hommage à la Vierge.
L’œuvre, importante pour la carrière d’un artiste par le prestige que lui apportait son exposition dans ce lieu, était soigneusement préparée et l’on connaît souvent plusieurs esquisses, un modello présenté aux commanditaires avant la réalisation du May et des ricordi (au moins un pour chacun des deux orfèvres qui prenaient en charge chaque année le paiement, et un autre que conservait l’artiste). Il est ainsi parfois difficile de connaître le statut d’un tel tableau. Pour le May de 1666, outre la toile définitive hélas chancis et roulée dans les réserves du Louvre que l’on ne connaît que par une mauvaise photo noir et blanc, sont reparues deux autres peinture. L’une, plus petite que celle-ci (77,4 x 62,2 cm) mais aussi achevée, ne présentant pas de différence significative, exposée en 2009 (collection particulière) et une version passée en vente à Londres en 1939, de dimensions plus réduite encore (43 x 39 cm).

Alors que saint Paul et son compagnon Sylas, enfermés en prison en Macédoine « priaient et chantaient les louanges de Dieu », survint un tremblement de terre qui ébranla les fondements de la prison, ouvrit les portes et brisa les liens des prisonniers. Le geôlier se réveilla et, voyant que les portes étaient ouvertes, cru que tous s’étaient enfui sous sa garde et tenta de se suicider. Saint Paul lui signifia alors qu’ils étaient tous là et qu’il ne devait pas attenter à ses jours, ce qui poussa le garde à se jeter à ses pieds et à se convertir. Nicolas de Plattemontagne représente cette scène littéralement, le geôlier se prosternant devant saint Paul et Silas, son épée désormais inutile à ses côtés, pendant que les autres prisonniers s’étonnent de la scène.

L’acquisition de cette peinture par Bâle permettra de renforcer une présence de la peinture française du XVIIe siècle encore peu importante (Nicolas Chaperon, Charles de La Fosse, Pierre Patel et Pierre-Antoine Patel, Sebastian Stoskopff…).


Didier Rykner, mercredi 20 septembre 2017





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