Un tableau de Navez acquis par le Musée des Beaux-Arts de Montréal


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François-Joseph Navez (1787-1869)
Vieil ermite soutenant un enfant malade, 1854
Huile sur toile - 100 x 72 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBAM

13/12/14 - Acquisition - Montréal, Musée des Beaux-Arts - Le tableau de François-Joseph Navez, acquis par le Musée des Beaux-Arts de Montréal directement chez les héritiers de l’artiste, se rattache à un épisode particulièrement douloureux de la vie de l’artiste. Celui-ci, qui avait déjà perdu son fils Auguste à l’âge de vingt ans en 1846, doit faire face neuf ans plus tard à la mort de sa fille Marie, épouse du peintre Jean-François Portaels. L’œuvre, signée et datée 1854, représente un vieil ermite soutenant un enfant malade et est dédié au docteur Louis Fleury, le médecin qui soignait Marie Portaels. Que celle-ci soit ou non le modèle utilisé1, il est évident que le sujet, la date d’exécution et la dédicace évoquent la maladie de sa fille. Selon Alain Jacobs2, le fait que le tableau dédié au médecin soit resté dans la famille de Jean-François Portaels s’explique aisément par le décès de son épouse qui le chargeait d’un affect nouveau.

L’œuvre date donc de la dernière partie de la carrière de l’artiste. Contrairement à ce qui est affirmé dans le catalogue de l’exposition Navez à Charleroi en 1999-2000, qui y voit une participation de Portaels, Alain Jacobs, l’un des commissaires de cette rétrospective, estime - selon nous à raison - qu’elle est entièrement due à Navez, d’autant qu’aucune trace de collaboration entre les deux peintres n’a jamais été documentée3. Le tableau s’insère par ailleurs parfaitement dans la production connue de Navez qui n’évolua guère au cours du temps, celui-ci restant fidèle à ses compositions de personnages à mi-corps et dans un cadre resserré. Cette toile, d’une très grande qualité et la première de l’artiste à entrer dans un musée canadien, aurait pu être peinte par lui dans les années 1820. Élève de David, considéré comme le grand représentant du néoclassicisme en Belgique, il témoigne ici également d’un véritable sentiment romantique.


Didier Rykner, samedi 13 décembre 2014


Notes

1C’est l’hypothèse du musée, mais le modèle nous semble beaucoup plus jeune. Précisons qu’Alain Jacobs, contrairement à ce que nous avions écrit de manière erronée, n’a jamais émis soutenu cette idée (mise à jour 22/12/14).

2Ces informations nous ont été transmises par le musée.

3Signalons qu’une exposition Portaels est prévue en 2015 aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles.





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