6/5/04 – Découverte – Zürich – Revoici la vieille italienne ! Mais cette fois, l’attribution du tableau ne devrait pas poser de problème puisque celui-ci est signé. L’auteur en est Léopold Robert (1794-1835), l’ami de Jean-Victor Schnetz et de Navez à Rome que l’on associe volontiers à ces deux noms lorsque l’on évoque les peintres de la première moitié du XIXe siècle représentant des paysans et des brigands de la campagne romaine. Cette Diseuse de bonne aventure1 (ill. 1, détail ci-contre) passera en vente le 17 mai 2004 à Zürich le 17 mai 20042. Cette figure de vieille italienne fut décidément populaire parmi les artistes. La découverte de ce tableau, daté de 1820, même si elle ne résout en rien la controverse autour de l’attribution à Géricault du tableau du Havre, apporte une pièce de plus au dossier. A vrai dire, cette réapparition n’est pas une surprise : il aurait été étonnant que Léopold Robert comme ses amis ne se fût pas intéressé à ce personnage si pittoresque. Il la peint ici en diseuse de bonne aventure, comme Navez et Schnetz l’avaient déjà fait, mais dans une composition bien différente.
A la composition cadrée à mi-corps de Navez (ill. 2)3 et à celle encore plus resserrée de Schnetz (ill. 3)4, Léopold Robert répond par une mise en page plus classique en pied, avec un paysage beaucoup plus présent. La date de 1820 est intéressante. En effet, le tableau de Navez est daté de 1821, celui de Schnetz n’est pas daté, pas plus que les autres représentations connues de la Vieille Italienne. Le tableau de Léopold Robert prouve donc que dès 1820 le modèle était connu de ces peintres.
Rappelons pour finir la triste destinée de Léopold Robert. Elève de David, il obtient le second Grand Prix de Rome en 1814 mais ne peut partir pour la ville éternelle qu’en 1818. De tempérament mélancolique et dépressif, amoureux malheureux de Charlotte Bonaparte, il se suicide à Venise en 18355.



