
1. Laurent de La Hyre (1606-1656)
La défaite des Anglais en l’ïle de Ré
par l’armée français le 8 novembre 1627
Huile sur toile - 112 x 210 cm
Photo : Sotheby’s
6/7/09 – Acquisitions – Paris, Musée de l’Armée – Réapparu dans la vente Sotheby’s de Paris le 24 juin dernier, un important tableau de Laurent de La Hyre [1] La défaite des Anglais en l’île de Ré (ill. 1) a fait sensation et a été acquis, sans préemption, par le Musée de l’Armée à Paris pour la somme de 200 000 € (sans les frais).
La composition était connue à travers une gravure. Sans celle-ci et la signature, visible en bas à gauche, il aurait été difficile d’attribuer cette toile à un artiste dont on ne connaît aucune œuvre comparable. Seul le tronc d’arbre creux et brisé, au premier plan, que l’on retrouve dans presque tous les tableaux de Laurent de La Hyre, est typique de ce peintre.
Dans leur catalogue raisonné - ils ne connaissaient alors que l’estampe [2] - Jacques Thuillier et Pierre Rosenberg émettaient l’hypothèse, considérant le réalisme de la représentation, que le peintre avait pu être le témoin direct de l’événement qui eut lieu le 8 novembre 1627. Cette vue panoramique et topographique de bataille s’inscrit de manière très précoce en France dans un genre plutôt pratiqué, au début du XVIIe siècle, par les peintres flamands ou en gravure par Jacques Callot auquel on ne peut s’empêcher de songer, ne serait-ce qu’en raison du sujet. S’il faut évoquer également la figure d’Adam van der Meulen, il faut remarquer ici que cette œuvre date probablement des environs de 1628, soit quatre ans avant la naissance du peintre de Louis XIV. Cette toile de La Hyre est donc non seulement un jalon important pour son œuvre mais également pour toute la peinture française du XVIIe siècle. On ne peut que se réjouir de son acquisition par un musée français.

2. Juste d’Egmont (1601-1674)
Louis II de Bourbon, dit Le Grand Condé,
devant le champ de bataille de Rocroi, 1645
Huile sur toile - 246 x 163 cm
Paris, Musée de l’Armée
Photo : Musée de l’Armée/Dist. RMN
Le musée de l’Armée pratique d’ailleurs, depuis trois ans, une politique d’acquisition volontaire et très pertinente de tableaux du XVIIe siècle. Fin 2006, nous avions déjà signalé ici l’achat d’un chef-d’œuvre de Jean Tassel (voir brève du 18/1/07). En 2007, une autre toile importante avait été acquise [3], le Portrait du Grand Condé devant le champ de bataille de Rocroi (ill. 2). Signée et datée par Juste d’Egmont en 1645, soit deux ans après ce haut fait d’arme indissociablement lié à la figure de Louis II de Bourbon, cette toile est peut-être celle qui fut commandée par lui pour son château de Chantilly, destinée à orner la galerie des Actions de Monsieur le Prince. Il en existe une copie, plus petite, acquise en 1997 par Chambord. Juste d’Egmont peignit à plusieurs reprises le Grand Condé et l’on connaît notamment de sa main une autre représentation en pied, également devant une évocation de la bataille de Rocroi, appartenant au château de Versailles. Deux autres versions de ce dernier tableau, avec de multiples variantes, sont conservées à Chantilly [4].
