21/9/04 – Acquisition - Birmingham Art Museum - A la dernière foire de Maastricht, le marchand Didier Aaron présentait un tableau inédit de Laurent de La Hyre (1606-1656), Saint Paul échoué à Malte1, qui vient d’être acquis par le Birmingham Art Museum. Après un naufrage, Saint Paul est surpris par une vipère échappée du feu que faisaient les rescapés pour se réchauffer. Suite à ces deux mauvais présages, les habitants de Malte pensèrent que l’Apôtre était poursuivi par la malédiction divine et qu’il allait mourir. Mais Paul en réchappa et fut considéré comme un dieu par les autochtones qu’il pût alors convertir. Stylistiquement, la toile est caractéristique des premières années de l’artiste, vers 1630, encore marquées par son apprentissage à Fontainebleau. La Hyre, qui n’est pas allé en Italie, avait copié Primatice et s’était imprégné des exemples de Dubois, Dubreuil et Freminet. L’aspect « maniériste » de la Seconde école de Fontainebleau se mêle alors aux influences flamandes plus récentes2. On peut comparer ce Saint Paul à La Tuile et à l’Adonis mort et son chien, deux tableaux acquis ces dernières années par le Louvre, ou au Martyre de Saint Barthélemy (Mâcon, cathédrale Saint-Vincent) et à l’Hercule et Omphale du musée d’Heidelberg. On retrouve dans ces différentes compositions des personnages de dos servant de repoussoirs et des accords de couleurs rares. Au même moment, le jeune artiste s’essaye aussi au caravagisme (le Pape Nicolas V se fait ouvrir le caveau de Saint François d’Assise - Louvre) et élabore une esthétique élégante et claire qui va donner l’ « atticisme » parisien.
Depuis l’exposition Laurent de La Hyre, il y a quinze ans3, de nombreux tableaux et dessins de l’artiste sont réapparus. Le catalogue de cette manifestation, qui servait de premier catalogue raisonné de son œuvre, s’est enrichi d’une vingtaine de peintures, notamment l’Aveuglement des habitants de Sodome acquis lui aussi récemment par le Louvre4.
Birmingham est l’une des grandes villes de l’Alabama5. Créé en 1908 et longtemps réduit à cinq salles dans l’Hôtel de ville, le Museum of Art possède désormais d’importantes collections consacrées à l’art américain des deux derniers siècles, aux arts asiatiques et africains. Le fonds de peintures européennes, encore modeste6, est appelé à se développer. Après rénovation, le Birmingham Museum of Art rouvrira ses portes le 3 octobre 2004.

