Un tableau de La Hyre menacé par les cierges de Notre-Dame de Paris


4/9/14 - Problème de conservation - Paris, cathédrale Notre-Dame - Notre-Dame de Paris est un des hauts lieux de la peinture française du XVIIe siècle, notamment avec les Mays, grands tableaux offerts chaque année par la communauté des orfèvres. Certains d’entre eux sont encore conservés dans la cathédrale, la plupart dans les chapelles latérales. D’autres sont au Musée d’Arras, d’autres encore sont dispersés dans divers musées ou églises, tandis que certains sont aujourd’hui perdus ou détruits. Les artistes comptent parmi les plus grands peintres de l’époque, quelques-uns en ayant produit deux.


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1. Laurent de La Hyre (1606-1656)
Saint Pierre protégeant des malades de son ombre
Huile sur toile
Paris, cathédrale Notre-Dame
Photo : NDP - CC BY-SA-3.0
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2. Le tableau de La Hyre dans le transept nord
de Notre-Dame, au-dessus des cierges
Photo : Didier Rykner (3/9/14)

C’est le cas de Laurent de la Hyre, auteur de la Conversion de saint Paul, may de 1637, qui se trouve aujourd’hui dans la chapelle Sainte-Anne, et de Saint Pierre guérissant des malades de son ombre (ill. 1), qui date de 1635, aujourd’hui exposé dans le transept nord, sur le mur gauche, en face d’une toile de Guido Reni représentant Le Triomphe de Job.
Le Saint Pierre, qui est placé directement au-dessus de nombreux cierges est directement menacé par la suie qui se dépose largement sur la toile et le cadre, comme le montrent nos photos. La chaleur dégagée par les flammes est également dangereuse pour sa conservation. Ce type de problème est pourtant bien connu et il devrait être simple de le limiter, en ne mettant pas de cierges sous les tableaux (Notre-Dame est suffisamment grande pour que cela ne soit pas trop difficile).


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Laurent de La Hyre (1606-1656)
Saint Pierre protégeant des malades de son ombre
Détail, état le 3 septembre 2014
Paris, cathédrale Notre-Dame
Photo : Didier Rykner
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Laurent de La Hyre (1606-1656)
Saint Pierre protégeant des malades de son ombre
Détail, état le 3 septembre 2014
Paris, cathédrale Notre-Dame
Photo : Didier Rykner

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5. Le Triomphe de Job de Guido Reni
dans le transept nord (mur droit) de
la cathédrale Notre-Dame de Paris
Photo : Didier Rykner (3/9/14)

Le service de presse de la cathédrale nous a dit que « le problème n’est pas que la suie, mais le grand nombre de visiteurs, ce qui occasionne notamment beaucoup de poussière ». Il a ajouté que « la DRAC, qui est responsable des tableaux, s’en était rendu compte ; dès qu’elle en aura les moyens, elle nettoiera les tableaux. »
Devant notre insistance sur cette question précise, on nous a promis de « transmettre l’information ».
Le problème de la conservation des tableaux dans Notre-Dame est certainement plus large que celui de cette œuvre et la solution ici n’est certainement pas seulement de « nettoyer le tableau ». Elle est, de manière urgente et dans un premier temps, d’éloigner les cierges.

Nous avons contacté la DRAC, et plus précisément Marie-Hélène Didier, en charge de la cathédrale, en lui expliquant le problème et en lui envoyant les photos, mais celle-ci ne nous a pas répondu.
Nous pensions, en prévenant Notre-Dame et la DRAC, qu’il n’y aurait pas matière à publication. Un chef-d’œuvre est en danger immédiat par négligence, mais l’erreur est humaine et la solution à court terme est simple : déplacer les cierges. Nous étions sincèrement persuadé qu’on nous répondrait cela et, si la question de la conservation des tableaux à Notre-Dame aurait pu faire l’objet d’un vrai sujet, plus fourni, il n’y avait pas de raison de s’indigner. Il est incroyable qu’il faille donc écrire un article dénonçant une situation absurde pour avoir, peut-être, une chance d’être entendu.


Didier Rykner, jeudi 4 septembre 2014





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