Un tableau de l’atelier de Dirk Bouts reste sur le sol anglais


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Atelier de Dirk Bouts (vers 1415-1475)
Saint Luc dessinant la Vierge
et l’Enfant
, vers 1440-1475
Huile sur toile transférée du bois - 109,2 x 86,4 cm
Barnard Castle, The Bowes Museum
Photo : Bowes Museum

19/8/16 - Acquisition - Bowes Museum - Une peinture attribuée à l’atelier de Dirk Bouts et un portrait de la main de Rembrandt se trouvaient à Penrhyn Castle (Pays de Galles). Mises en vente l’automne dernier, les deux œuvres avaient trouvé acquéreurs, mais une interdiction de sortie de territoire les retint, et des souscriptions furent lancées par l’Art Fund afin de les acheter pour les collections publiques britanniques. Le propriétaire a finalement renoncé à l’exportation du Rembrandt, le problème n’est donc que reporté (voir la brève 25/10/15) ; quant au Dirk Bouts, il a rejoint le Bowes Museum grâce à l’apport financier de l’Art Fund, de l’Heritage Lottery Fund et de donateurs privés, qui ont permis de réunir près de 2,3 millions de livres.

Le sujet, Saint Luc dessinant la Vierge et l’Enfant, est assez rare au XVe siècle ; il fut diffusé par la Légende dorée qui raconte comment l’Évangéliste eut une vision de Marie et de l’enfant Jésus, et les portraitura. Cet épisode le désigna par la suite comme saint patron des artistes.
L’œuvre de l’atelier de Bouts est très proche du fameux tableau de Rogier Van der Weyden (vers 1435 et 1440) qui fut l’un des premiers, avec son maître Robert Campin, à représenter ce thème. La composition et les choix iconographiques sont en effet très similaires : la Vierge vêtue de rouge et de bleu, se tient assise à gauche, tandis que saint Luc la dessine, à genoux devant elle. Dirck Bouts comme Van Der Weyden, choisit de mettre entre ses mains une feuille et une pointe d’argent, au lieu d’un pinceau et d’un chevalet, évoquant ainsi les pratiques réelles du peintre qui non seulement ne peut pas demander à son modèle de poser pendant d’interminables heures et travaille donc plus rapidement au dessin, mais aussi fournit à ses disciples des esquisses que ceux-ci peuvent ensuite reprendre dans plusieurs peintures réalisées en atelier. Bouts annonce la seconde étape du travail en ajoutant un chevalet à droite de la composition.
Le saint, qui n’a pas les attributs qui le désignent parmi les Évangélistes - un livre et le taureau - est représenté avec plus de naturalisme que la Vierge, bien que celle-ci soit sans auréole. Jésus en revanche, qui s’agite sur les genoux de sa mère, a l’attitude d’un enfant plus que celle du Fils de Dieu.
Les personnages se trouvent dans un espace élégamment aménagé, le carrelage aux motifs colorés et géométriques marque la perspective et entraîne le regard vers l’extérieur, la pièce s’ouvrant par une loggia sur un paysage soigneusement décrit, une ville fortifiée et des montagnes.

L’œuvre sera prêtée à la York Art Gallery et au Bristol Museum & Art Gallery avant de rejoindre le Bowes Museum. Elle fera par ailleurs l’objets d’une étude scientifique menée par la National Gallery.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 19 août 2016





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