26/1/04 – Marché de l’art – Madrid – Plusieurs toiles représentant des saints ont été peints par Velázquez dans sa prime jeunesse, vers l’âge de vingt ans, lorsqu’il travaillait dans l’atelier de Pacheco (Saint Thomas au Musée d’Orléans, Saint Jean-Baptiste à Chicago, Saint Paul à Barcelone, etc.). Un tableau de cette époque, Les larmes de saint Pierre, provenant d’une collection de La Corogne, va être mis en vente à Madrid au mois de février [1].
Réapparu en 1998 et montré dans l’exposition Velásquez et Séville en 1999, il a été publié comme original la même année par Alfonso E. Pérez Sánchez [2]. La composition était connue par plusieurs copies [3]. Il s’agit d’une œuvre d’esprit caravagesque par le réalisme, la lumière crue qui tombe sur l’apôtre et le sujet même du repentir de saint Pierre.
Ce Saint Pierre, classé « bien de interés cultural », l’équivalent espagnol de nos trésors nationaux, est interdit de sortie du territoire et mis à prix 8 millions d’euros [4]. On a vu récemment des banques et des fondations espagnoles acheter des œuvres à des hauteurs de prix aussi importantes pour les déposer ou les donner à des musées et on pourrait presque souhaiter qu’elle rejoigne le musée des Beaux-Arts de Séville (qui possède seulement deux tableaux de Velázquez en mauvais état et très repeints) plutôt que le Prado qui en possède plusieurs dizaines.
P.S. : le tableau ne s’est finalement pas vendu le 19 février (voir brève du 21/2/04)

