Un tableau de Jean-Claude Naigeon acquis par Dijon


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Jean-Claude Naigeon (1753-1832)
Portrait de famille dans un paysage, 1797
Huile sur toile - 115,5 x 90,5 cm
Dijon, Musée des Beaux-Arts
Photo : SVV Audap & Mirabaud

21/6/15 - Acquisition - Dijon, Musée des Beaux-Arts - Peintre d’histoire dijonnais, Jean-Claude Naigeon réalisa aussi des portraits, avant tout pour gagner sa vie sous la Révolution. C’est un portrait de famille qu’a préempté pour 7 500 euros (sans les frais) le Musée des Beaux-Arts de Dijon au cours de la vente Audap & Mirabaud organisée à Paris le 12 juin dernier.

Le peintre, qui s’inspire probablement de la peinture anglaise, présente les personnages dans un paysage, le père et le fils debout à droite, la mère et la fille assises à gauche. Il propose ici une conversation pièce et choisit le prétexte d’un retour de chasse pour disposer les figures avec naturel en accordant beaucoup de soin à l’éloquence des gestes qui les relient entre elles : le père tient son fils par l’épaule et lui montre du doigt un point hors du cadre, comme s’il voulait l’entraîner à l’extérieur du tableau. Le garçon a son fusil dans une main et désigne de l’autre le renard tué qui git à ses pieds, près de chiens qui piaffent. Sa sœur est la seule à fixer le spectateur qu’elle semble inviter à s’approcher pour regarder le gibier ; elle a sur ses genoux des feuilles, un crayon et un carton à dessin tandis que sa mère caresse un petit chien. L’ensemble des figures forment une pyramide dominée par le chef de famille.

Parmi les autres portraits que l’on connaît du peintre, celui de La Famille de Martin Léjéas est un morceau de bravoure pour lequel il réunit neuf personnes dans un salon autour d’un fauteuil et d’un canapé, en soignant là encore le jeu des regards et des gestes. Un autre tableau passé sur le marché est le portrait présumé de la famille de Rosanbo.

Naigeon, qui voulut avant tout s’imposer comme un peintre d’histoire, intégra en 1767 l’École de dessin de la ville dirigée par François Devosge, puis vers 1775-1776, se rendit à Paris où il étudia à l’Académie royale et travailla dans l’atelier de Nicolas Guy Brenet. Il finit par remporter le prix de Rome en 1780, décerné par les Etats de Bourgogne, avec une toile illustrant La Mort de Socrate et passa quatre ans en Italie où il copia notamment L’Enlèvement des Sabines de Pierre de Cortone. Il s’installa définitivement en Bourgogne et devint professeur de dessin à l’Académie des Beaux-Arts de Dijon. Un ensemble de feuilles a récemment reparu et permis d’en savoir un peu plus sur ce peintre méconnu (voir la brève du 7/6/12)


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, dimanche 21 juin 2015





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