Un tableau de Francesco Hayez acquis par le Louvre


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Francesco Hayez (1791-1882)
Marie Stuart protestant de son innocence
à la lecture de sa condamnation à mort
, 1832
Huile sur toile - 195 x 240 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Galerie Michel Descours

13/12/12 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Gloire nationale en Italie, le grand peintre romantique Francesco Hayez est relativement peu connu dans les autres pays. Et pour cause : pratiquement toutes ses peintures conservées dans des collections publiques le sont dans les musées de la péninsule. Les exceptions se comptent sur les doigts d’une main : en France, le Musée d’Aix-les-Bains peut montrer un Nu féminin ; en Allemagne, le Staatliche Museum possède une toile représentant Bianca Cappello quittant la maison paternelle, et la Walters Art Gallery de Baltimore, aux Etats-Unis, un petit format, Le Christ et la femme adultère. Si une Suzanne au bain est accrochée aux cimaises de la National Gallery, c’est grâce au prêt d’une collection privée. Quant au Liechtenstein Museum, désormais fermé (sauf pour les groupes), il s’agit en réalité d’une collection particulière.
L’œuvre la plus célèbre de Hayez, Le Baiser, est exposée à la Brera, à Milan.

Désormais, le Louvre sera donc l’un des rares musées hors d’Italie à pouvoir montrer une de ses toiles puisqu’il vient d’acquérir, auprès de la galerie Michel Descours à Lyon, une grande composition historique : Marie Stuart protestant de son innocence à la lecture de sa condamnation à mort (ill.).
Ce tableau fut exposé au public à l’Esposizione di Belle Arti de 1832, à la Brera. Il s’agissait de la seconde fois que l’artiste illustrait un épisode de la vie de Marie Stuart, après Marie Stuart conduite à l’échafaud, en 1828. Le destin tragique de cette reine était une source d’inspiration récurrente dans la peinture européenne du XIXe siècle, notamment en France (voir l’article consacré à la récente exposition de La Rochelle).

Si Paul Delaroche ne peignit jamais de tableau en rapport avec la vie de Marie Stuart, comme le rappelle Jacques Foucart dans l’article précité, c’est évidemment à ce peintre ou à des contemporains tels qu’Eugène Devéria que peut être comparé Francesco Hayez. On se réjouit que cette grande toile puisse rejoindre au Louvre les œuvres de Delaroche, notamment Les Enfants d’Édouard peint seulement une année plus tôt.
On conclura en soulignant que cette belle acquisition prouve, une nouvelle fois, l’importance d’un marché de l’art français fort (et de l’existence de collections particulières) pour l’enrichissement du patrimoine. Les œuvres qui entrent dans notre pays ont beaucoup plus de chances de finir dans une de nos collections publiques.

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Didier Rykner, jeudi 13 décembre 2012





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