Un rare tableau de Léopold Burthe acquis par La Piscine à Roubaix


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1. Léopold Burthe (1823-1860)
Alphée et Aréthuse, 1846
Huile sur toile - 102 x 110 cm
Roubaix, Musée d’art et d’industrie André Diligent, La Piscine
Photo : D. R.

7/11/14 - Acquisition - Roubaix, Musée d’art et d’industrie André Diligent, La Piscine - Même s’il reste encore assez méconnu, Léopold Burthe, depuis l’article pionnier de Bruno Gaudichon1, ressort peu à peu de l’ombre. Après avoir été inclus dans le catalogue Les élèves d’Ingres de l’exposition de Besançon et Montauban - bien que son passage dans l’atelier du maître reste très improbable comme le rappelait Georges Vigne - il fut un des héros de la récente rétrospective de Nantes consacrée aux peintres néo-grecs (voir notre article).

Ses œuvres sont rares (il mourut à 37 ans) mais d’une qualité toujours remarquable. L’achat chez un antiquaire de San Francisco (Decorum Art Déco - Moderne) par le Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix (plus connu sous le nom La Piscine) d’un de ses tableaux peint représentant Alphée et Arétuse le confirme amplement.
Tiré des Métamorphoses d’Ovide, le sujet est ainsi décrit dans le livret du Salon de 1847 où il fut exposé : « Poursuivi par Alphée, Aréthuse invoqua Diane qui la changea en fontaine ». Les représentations antérieures de ce thème montrent d’ordinaire une scène de poursuite où le dieu-fleuve poursuit la nymphe rétive, un avatar iconographique d’Apollon et Daphné. Ici, Alphée (dont rien n’indique qu’il soit un dieu-fleuve...) se lamente sur la transformation de sa bien aimée en fontaine symbolisée par ses cheveux d’où naît un ruisseau.
Le profil parfait et très pur d’Alphée rappelle celui de la Sapho du Musée de Carcassonne, tandis que l’Aréthuse nue qui semble endormie est d’un style parfaitement ingresque. Le paysage, non moins beau, rappelle ceux des élèves d’Ingres, notamment Caruelle d’Aligny.


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2. Léopold Burthe (1823-1860)
Alphée et Aréthuse, 1846
Avant la restauration, où l’on voit le format d’origine
Huile sur toile - 102 x 110 cm
Roubaix, Musée d’art et d’industrie André Diligent, La Piscine
Photo : D. R.

L’œuvre a été restaurée avant son acquisition, d’une manière un peu curieuse puisque, à l’origine cintrée, les coins supérieurs ont été complétés pour la rendre rectangulaire. Une nouvelle restauration devra fixer la couche picturale qui, par endroits, se soulève, et des caches seront ajoutés à l’encadrement afin de retrouver son format d’origine. Le musée envisage, avec celui de Poitiers qui conserve quatre toiles du peintre (léguées par sa sœur) et une aquarelle, l’organisation d’une exposition sur Léopold Burthe.


Didier Rykner, vendredi 7 novembre 2014


Notes

1Bruno Gaudichon, Bruno Gaudichon, « Léopold Burthe (1823–1860) », Bulletin de la Société de l’Histoirede l’Art français, année 1984, 1986.





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