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Un printemps foisonnant pour les ventes de tableaux anciens

16/3/21 - Marché de l’art - Paris - Quelque temps avant Noël, l’hôtel Drouot proposait une exposition collégiale où étaient dévoilés en avant-première quelques-uns des « temps forts » du début de l’année 2021 : on y admirait ainsi le portrait d’Antoine Crozat qui fut préempté quelques semaines plus tard par le Musée Fabre de Montpellier (voir la brève du 25/1/21) ainsi qu’une grande toile caravagesque (ill. 1) évoquant irrésistiblement Mathias Stom mais qui était attribuée à Jacques de l’Ange. Ce peintre flamand actif au cours de la première moitié du XVIIe siècle travailla à Anvers puis à Naples où il termina sa vie. Redécouvert par l’historien de l’art Bernardt Schnackenburg, Jacques de l’Ange a été rapproché d’un artiste anonyme autrefois désigné par un nom de convention : Monogrammiste JAD. On en sait cependant très peu sur celui-ci : élève de Jan Cossiers à Anvers, où il est mentionné en 1632-1633, il gagna ensuite l’Italie du Sud et les tableaux qui lui sont aujourd’hui attribués montrent qu’il regarda aussi bien Rubens que Caravage ou Ribera.


1. Jacques de l’Ange (actif au cours de la première moitié du XVIIe siècle)
Le Martyre de saint Laurent
Huile sur toile - 221 x 170 cm
Vente Thierry de Maigret, Paris, 24/3/21
Photo : Studio Sébert
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2. Jacques de l’Ange (actif au cours de la première moitié du XVIIe siècle)
Le Couronnement d’épines
Huile sur toile - 193 x 158 cm
Vente Thierry de Maigret, Paris, 24/3/21
Photo : Studio Sébert
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Les bonnes nouvelles n’arrivant parfois pas seules, on apprit rapidement que Le Martyre de saint Laurent exposé en décembre s’accompagnait d’un encore plus spectaculaire Couronnement d’épines (ill. 2) : les deux tableaux seront vendus séparément - mais avec faculté de réunion - chez Thierry de Maigret à l’hôtel Drouot le 24 mars. Présentant de nombreuses affinités avec les autres œuvres rattachées au corpus de cet artiste énigmatique - citons l’Ecce homo conservé à la National Gallery of Ireland à Dublin - ils témoignent de la diffusion de la leçon caravagesque chez les artistes issus des pays du Nord. La figure du Christ dans Le Couronnement d’épines est directement tirée d’un autre Ecce homo, peint par Mathias Stom à la même époque et aujourd’hui conservé au Rijksmuseum d’Amsterdam. Ces deux tableaux très séduisants, malgré leurs sujets tragiques, ne sont cependant pas aussi inédits sur le marché que l’annonce la présentation de la vente : ils étaient récemment encore proposés chez Tornabuoni Arte Antica et furent notamment exposés [1] à la BRAFA de Bruxelles en 2018 et à Modenantiquaria en 2020. Actuellement visibles chez l’expert René Millet, les deux tableaux seront exposés ensemble à l’hôtel Drouot du 22 au 24 mars.


3. Cornelis Saftleven (vers 1607-1681)
Scène de marché aux bestiaux
Huile sur trois planches de chêne non parquetées - 71 x 106 cm
Vente Beurret Bailly Widmer Auktionen à Bâle, 24/3/21

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