Un portrait de William Powell Frith acquis par la Mercer Art Gallery


JPEG - 161.7 ko
William Powell Frith (1819-1909)
Isabelle Frith lisant, 1845
Huile sur panneau - 28 x 34,3 cm
Harrogate, Mercer Art Gallery
Photo : Christie’s

12/8/25- Acquisition - Harrogate, The Mercer Art Gallery - Chantre de la société victorienne, William Powell Frith fut célèbre pour ses représentations de foules, déployées avec un certain goût pour l’anecdote sur de grandes toiles panoramiques ; le Derby Day notamment, peint en 1856-1858, eut un bruyant succès. Parmi les quelques portraits qu’il réalisa, on compte celui de Dickens ou du prince de Galles (futur Édouard VII) le jour de son mariage avec Alexandra. D’autres effigies frôlent la scène de genre, dans laquelle Frith se spécialisa. Il décrivit, pour son entrée à la Royal Academy, un Modèle endormi dans l’atelier du peintre en 1853, puis multiplia les sujets moralisateurs. Il puisa enfin dans l’histoire et la littérature, s’intéressant aussi bien au destin tragique de Desdémone qu’aux simagrées de Monsieur Jourdain.

C’est une peinture beaucoup plus intime réalisée au tout début de sa carrière qu’a récemment acquise la Mercer Art Gallery, musée anglais d’Harrogate (Yorkshire du Nord), riche en œuvres du XIXe et du XXe siècle. La toile a été adjugée 20 000 livres (frais inclus) lors de la vente organisée par Christie’s à Londres le 16 juin 2015. Frith a représenté sa femme Isabelle en 1845, année de leur mariage : elle est assise dans un fauteuil, de profil, plongée dans la lecture d’un livre dont on ne voit pas le titre.
Cette peinture est comparable à deux autres tableaux de l’artiste, plus proches de la scène de genre : l’un notamment est très similaire et semble raconter la suite puisqu’il décrit une jeune femme brune également assise dans un fauteuil rouge, sur un fond neutre, coupée aux genoux et vêtue d’une robe à rayures. Le visage tourné vers le mur, elle s’est apparemment assoupie, son livre ouvert posé sur les genoux. L’œuvre, passée chez Christie’s’ le 28 février 2007, porte deux dates, 1846 et 1867 : il pourrait s’agir de la femme de l’artiste peinte peu de temps après l’effigie d’Harrogate, ou de sa fille âgée de 21 ans en 1867, également prénommée Isabelle. Une troisième figure, dans un tableau intitulé Sommeil (1872), est endormie sur des coussin rouge ; elle est présentée de face cette fois-ci, son gracieux visage offert à la contemplation du spectateur, l’ouvrage qu’elle lisait s’est en partie refermé, la couverture en suspens. Ces trois compostions montrent les recherches de l’artiste et son évolution vers une mise en scène plus dramatique, grâce à des contrastes de lumière, plus anecdotique aussi, grâce au motif du livre abandonné et au thème du sommeil.
La Mercer Art Gallery conserve d’autres œuvres du Frith, natif de la région, qui montrent la diversité de son répertoire, notamment un portrait de son fils Walter et celui d’Annie Gambart, une scène de genre montrant l’anniversaire d’un enfant fêté en famille (Many Happy Returns of the Day), L’Adieu de Marie Stuart ou encore un tableau intitulé Un rêve d’avenir.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 12 août 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Un château néogothique bientôt détruit par la commune de Villenave d’Ornon

Article suivant dans Brèves : Une marine de Charles Napier Hemy pour le musée de Somerset