Un Portrait de Talleyrand par François Gérard entre au Metropolitan Museum


8/10/12 - Acquisitions - New York, The Metropolitan Museum of Art - Quel chef-d’œuvre ! La réflexion est un peu triviale mais elle est la première qui vient à l’esprit devant le Portrait de Talleyrand par François Gérard (ill. 1) que vient d’acquérir le Metropolitan Museum auprès de la galerie Wildenstein à New York. Et la deuxième est celle-ci : comment la France a-t-elle pu laisser partir un tableau pareil ? Son importance est capitale, tant par sa qualité que par la personnalité de son modèle, alors qu’il se trouvait encore dans notre pays en 2003, après un détour par la Pologne (Sagan) et le musée national de Varsovie où il entra en 1947 avant d’être rendu en 1969 à la sœur du duc de Sagan, Hélène-Violette de Talleyrand-Périgord. Celle-ci avait épousé un descendant du célèbre collectionneur le comte de Pourtalès. Le tableau se trouvait alors au château de Bandeville à Saint-Cyr-sous-Dourdan, la propriété de ce dernier.


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1. François Gérard (1770-1837)
Portrait de Charles-Maurice de
Talleyrand-Périgord
, 1808
Huile sur toile - 213 x 147 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art
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2. François Gérard (1770-1837)
Portrait de Charles-Maurice de
Talleyrand-Périgord

Huile sur toile - 32 x 24 cm
Versailles, Musée national du Château
Photo : RMN/GP

Tant mieux pour le Metropolitan Museum et tant pis pour nous. Vu le niveau des budgets d’acquisition qui se profile, il est certain que les pertes de ce type pour le patrimoine français seront légion dans les années à venir. On pourra toujours le voir à New York, sauf pour ceux qui n’ont pas la chance ni les moyens de pouvoir s’y rendre. Il n’y a rien de plus élitiste que de baisser les crédits pour les musées, qui profitent à tous, riches ou pauvres, contrairement à ce que pensent les incultes.

Ceci est d’autant plus dommage qu’une réduction de ce tableau est conservée à Versailles (ill. 2). Plus esquissée, beaucoup plus petite, elle ne présente pas les qualités exceptionnelles de ce grand portrait.
Celui-ci fut exposé au Salon de 1808. On sait que Talleyrand était un proche de François Gérard et l’un de ses mécènes. Il s’agit ici d’une commande privée que le « diable boiteux » conserva jusqu’à sa mort. On ne sait qu’admirer le plus : l’élégance de la pose, la délicatesse des coloris, le raffinement avec lequel le peintre représente les bois et les bronzes dorés1 du fauteuil et du bureau...
L’œuvre a été acquise grâce à un don de Mme Charles Wrightsman.

English Version


Didier Rykner, lundi 8 octobre 2012


P.-S.

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Notes

1Nous avions écrit qu’il s’agissait de bronzes, mais un lecteur avisé nous a signalé qu’il s’agissait de bois. Il a certainement raison mais il nous semble qu’il y a des bronzes sur le bureau...





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