Un portrait de Louis XIII attribué au Maître des Cortèges


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Le Maître des Cortèges
Portrait équestre de Louis XIII
Huile sur panneau - 41 x 30 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA Rouen

23/6/15 - Attribution - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Dans une brève consacrée à l’acquisition par le CMN pour le château de Maisons-Lafitte d’un portrait en buste de Louis XIII peint par Juste d’Egmont, nous signalions une autre effigie du roi attribuée au même peintre, petit portrait équestre conservé au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Cette dernière attribution cependant, a récemment changé, le musée normand exposant désormais l’œuvre sous le nom de convention du Maître des Cortèges.

L’identification a été faite pour la première fois par Ambroise et Hubert Duchemin, puis acceptée par Jean-Pierre Cuzin. Un beau Christ en croix peint sur cuivre, d’une collection particulière, a également été attribué par eux à l’artiste et sera exposé dans la future rétrospective Le Nain au Louvre-Lens.

Le nom de Maître des Cortèges provient de deux tableaux : Le Cortège du boeuf (Paris, Musée Picasso) et Le Cortège du bélier (Philadelphia Museum of Art). Autrefois confondu avec les frères Le Nain, le peintre inconnu, probablement actif à Paris autour de 1650, s’est vu attribuer, notamment grâce aux études de Pierre Rosenberg et de Jean-Pierre Cuzin, un petit corpus d’œuvres, scènes de genre paysannes et peintures religieuses comme Le Couronnement d’épines du Louvre acquis en 2002.

Ce portrait équestre fait donc figure d’exception dans la production de l’artiste et ouvrira peut-être de nouvelles pistes dans la connaissance de son œuvre. On retrouve en tous les cas des caractéristiques communes aux autres peintures : la gamme de couleurs froides tout d’abord, le gris argenté, le rose acidulé, et puis les figures, l’ange - son nez long et pointu, le traitement de sa carnation également - est proche de ceux que l’on peut voir par exemple dans l’Adoration des bergers. Le visages du roi, bien qu’individualisé, n’est pas sans rappeler - crime de lèse-majesté - celui du paysan barbu dans le Cortège avec le bœuf. Enfin, les maladresses d’échelle, l’attitude un peu figée des personnages plaqués sur le décor, sont autant d’éléments comparables avec les compositions attribuées au maître.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 23 juin 2015





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