Un portrait de Cross par Luce entre au musée de Mantes-la-Jolie


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Maximilien Luce (1858-1941)
Portrait d’Henri-Edmond Cross, 1908-1909
Huile sur papier marouflé sur carton - 20,5 x 18,5 cm
Mantes-la-Jolie, Musée de l’Hôtel-Dieu
Photo : Musée de l’Hôtel-Dieu

19/5/16 - Acquisition - Mantes-la-Jolie, Musée de l’Hôtel-Dieu - Témoin d’une amitié post-impressionniste, le portrait d’Henri-Edmond Cross par Maximilien Luce a récemment été acheté à la galerie Jane Roberts par le Musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie. Le tableau avait été prêté par la galerie au musée pour une exposition en 2015 et figure dans le catalogue de celle-ci.

C’est en 1917 que Maximilien Luce s’installa à Rolleboise, près de Mantes-la-Jolie. Le Musée conserve aujourd’hui plus de trois-cents œuvres de l’artiste, une collection constituée à partir de son fonds d’atelier donné à la Ville par son fils en 1977, complétée ensuite par la donation de tirages d’impression et par des acquisitions successives.
La Ville a le projet de réaménager l’Hôtel-Dieu et de consacrer un espace permanent aux œuvres de Maximilien Luce qui, pour l’instant, sont présentées par roulements. Actuellement, un accrochage temporaire1 rappelle que cette figure du néo-impressionnisme ne peignit pas seulement la nature, mais aussi le monde ouvrier, les paysages urbains, et composa des scènes allégoriques.
Maximilien Luce fut aussi un portraitiste de talent qui représenta ses amis avant tout. C’est un aspect peu visible dans les collections, si ce n’est par le portrait du critique Félix Fénéon auquel celui de Cross vient désormais tenir compagnie. Luce peignit à plusieurs reprises Henri-Edmond Delacroix qui choisit d’angliciser son nom, trop lourd à porter pour un peintre. Le Musée d’Orsay en conserve un très abouti, montrant Cross assis fixant le spectateur, une cigarette à la main.
L’intérêt du tableau de Mantes-la-Jolie est son caractère d’ébauche, sa spontanéité : le modèle ne pose pas, il semble saisi sur le vif, les yeux fermés - comme Feneon dans un dessin passé en vente chez Tajan -, la bouche ouverte, endormi ou en extase. Il peint ici avec une touche libérée, loin des contraintes du pointillisme auquel il finit par renoncer, une touche qui annonce le fauvisme.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 19 mai 2016


Notes

1Maximilien Luce [Re]trouvailles, du 22 janvier au 4 septembre 2016.





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