Un Pontormo que la National Gallery de Londres aimerait bien acheter


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Jacopo Carrucci, dit Pontormo (1494-1557)
Portrait de jeune homme, vers 1529-30
Huile sur panneau - 92,1 x 73 cm
Collection privée
Photo : DCMS

1/9/16 - Musée - Los Angeles, The J. Paul Getty Museum - Alors qu’une œuvre majeure de Parmesan risque de quitter définitivement le Royaume-Uni (voir la brève du 31/8/16), Martin Bailey dans The Art Newspaper souligne qu’un autre tableau italien de la Renaissance, un portrait d’homme par Pontormo, est également menacé de ce sort. L’œuvre, identifiée en 2008, avait été publiée dans le Burlington Magazine par Francis Russell. Prêtée à la National Gallery de Londres entre 2008 et 2015, elle avait été temporairement interdite de sortie du territoire anglais en décembre 2015, initialement jusqu’en avril 2016, un délai prolongé jusqu’au 22 octobre prochain.

Le musée londonien souhaiterait l’acquérir. Mais, comme le révèle Martin Bailey, plutôt que de prévenir la National Gallery qu’il voulait se séparer du tableau, comme il s’y était engagé, son propriétaire, Nicholas Alexander, châtelain de Caledon Castle en Irlande du Nord, l’a vendu à un collectionneur américain, sans demander à bénéficier des réductions d’impôt sur les droits de succession qu’il aurait pu obtenir en le cédant à un musée. La National Gallery n’aurait ainsi eu à débourser que 12 millions de livres au lieu des 30 millions payés par le collectionneur étranger (ce qui signifie donc - ces chiffres sont donnés par The Art Newspaper - que l’impôt à régler était de 18 millions). Le musée londonien, qui semble en mesure de réunir 12 millons, souhaiterait maintenant que le Trésor britannique restitue les 18 millions, comme si l’affaire s’était conclue avant la vente.

Comme pour le Parmesan, cette affaire témoigne une nouvelle fois des difficultés auxquelles font face les musées britanniques pour empêcher l’exode d’œuvres d’art majeures - ce qui vide certaines grandes demeures - mais aussi du risque que peuvent prendre les musées en acceptant le dépôt d’œuvres des collections privées. Cela contribue à les mettre en lumière et à leur donner une valeur supplémentaire ; les acheteurs étrangers n’ont plus alors qu’à y faire leur marché. Ce type de pratique, très agréable pour les amateurs car elle leur permet d’admirer des œuvres qui resteraient cachées, devaient sans doute être davantage encadrées car comme bien souvent, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.


Didier Rykner, jeudi 1er septembre 2016





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