1/2/12 - Restitution - Paris, Musée des Arts Décoratifs - Le Musée des Arts Décoratifs peut exposer aujourd’hui, et pour la première fois, un piano sculpté par Rupert Carabin en 1900 (ill. 1 et 2) qui lui avait pourtant été donné en 1938.

1. Rupert Carabin (1862-1932)
Piano
Bois sculpté
Paris, Musée des Arts Décoratifs
Photo : Musée des Arts Décoratifs

2. Rupert Carabin (1862-1932)
Piano
Bois sculpté
Paris, Musée des Arts Décoratifs
Photo : Musée des Arts Décoratifs
Superbe exemple de meuble Art nouveau, cet instrument avait été réalisé pour Alexandre Honoré Ernest Coquelin, dit Coquelin Cadet, un célèbre sociétaire de la Comédie Française, et présenté par la Maison Herz, facteur de piano, à l’Exposition Universelle la même année.
Le comédien ne pouvant payer l’œuvre, celle-ci est finalement vendue à Germaine Dulac, non moins célèbre réalisatrice de cinéma. C’est sa fille qui l’offrit en 1938 au Musée des Arts Décoratifs qui le déposa à l’Ecole Boulle à Paris, d’où il disparut pendant l’Occupation. Ce n’est qu’en 1974 (!) que cette disparition fut constatée, ce qui en dit long sur la déficience, à l’époque, des opérations d’inventaire et de récolement (et ce qui prouve, également, qu’on ne devrait jamais déposer hors des musées).
Le piano réapparaît en 1981, dans une vente chez Sotheby’s New York. La maison de vente, s’apercevant au cours de ses recherches de son origine, contacte immédiatement le Musée des Arts Décoratifs. Mais après de (très) longues négociations, ce n’est qu’aujourd’hui que le dernier propriétaire dont le dossier de presse affirme qu’il est de bonne foi, a accepté enfin de restituer, de manière gracieuse, l’instrument au musée.
Tout est bien qui finit bien donc, pour ce chef-d’œuvre typique de l’art du sculpteur, éminemment rare puisque l’on ne compte, en tout et pour tout, qu’une vingtaine de meubles de Carabin. Trente ans pour s’apercevoir de sa disparition, trente ans pour le récupérer après l’avoir retrouvé. Les musées, heureusement, ont le temps pour eux.
