Un paysage de Ladislas de Paal acquis par le musée départemental des peintres de Barbizon


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Ladislas de Paal (1846-1879)
Paysage près de Barbizon, entre 1873 et 1877
Huile sur toile - 50 x 80 cm
Barbizon, Musée départemental des peintres de Barbizon
Photo : Musée départemental des peintres de Barbizon

11/9/14 - Acquisitions - Barbizon, Musée départemental des peintres de Barbizon - Le Musée départemental des peintres de Barbizon a récemment acquis, auprès d’un particulier, un Paysage près de Barbizon du peintre hongrois Ladislas de Paal aussi appelé Laszlo Paal. Méconnu au XIXe siècle, il le demeure aujourd’hui, bien que ses œuvres passent assez régulièrement en vente et que la Hungarian National Gallery de Budapest conserve sept de ses paysages. En France, seul le Musée des Beaux-Arts de Rouen semblait jusqu’à présent conserver une de ses œuvres, Clairière à Fontainebleau, très proche de celle de Barbizon. La bibliographie n’est pas beaucoup plus fournie, deux ouvrages seulement lui seraient dédiés spécifiquement. Le premier, Ladislas de Paal. Un peintre hongrois de l’école de Barbizon par Bela Lazar, date de 19041 tandis que le second, Paal Laszlo, 1846-1879 par Laszlo Benyi, s’il est un peu plus récent, 1983, n’a pas été traduit du hongrois. L’ouvrage de 1904 a été publié à l’occasion de la première exposition exclusivement consacrée à Ladislas de Paal organisée par Bela Lazar en 1902 au Salon national de Budapest. S’il présente en annexe la liste de la soixantaine d’œuvres provenant de collections essentiellement privées européennes réunies pour l’occasion, presque toutes reproduites en noir et blanc, il relève plus de la biographie romancée mêlée d’essais sur le style et les influences de l’artiste que du catalogue d’exposition.

Né à Zám en 1846, Ladislas de Paal quitte dès 1864 son pays pour suivre des études à l’Académie des Beaux-arts de Vienne aux côtés de son ami et compatriote Mihály Munkácsy (1844-1900). Au début des années 1870, il multiplie les voyages d’études en Allemagne, en Hollande, où il admire les paysagistes du siècle d’or, puis en Angleterre où il découvre Constable et Turner. En 1872, il rejoint à Paris Munkácsy, qui connaît un certain succès en France, et c’est à ses côtés qu’il s’installe en 1873 dans la forêt de Fontainebleau, à Barbizon, non par hasard. Tous deux connaissent et admirent l’École de Barbizon dont ils ont découvert les œuvres à l’Exposition Universelle de Munich en 1869. Si de ses fondateurs seul Millet y réside encore, ils rejoignent toute une colonie de peintres, en grande partie étrangers, venus s’y installer depuis 1870. C’est là que Ladislas de Paal produit la part la plus importante de son œuvre qui lui fera connaître quelques petits succès. Malheureusement, ni son Lever de lune et sa Mare aux Grenouilles : forêt de Fontainebleau, remarqués aux Salons de 1875 et 1876, ni la médaille de bronze qu’il obtient à l’Exposition Universelle de 1878 pour sa Forêt de Fontainebleau ne lui offrent le succès matériel espéré. Miné de ne savoir s’extirper de la masse des paysagistes qui l’entourent et des conditions précaires qui l’épuisent, il est, en proie à la dépression, interné à l’hospice de Charenton en 1878 où il meurt précocement un an plus tard.

Paysagiste d’abord réaliste, marqué par son apprentissage viennois et hollandais, Ladislas de Paal, devient de plus en plus impressionniste à Barbizon, où les figures et les détails de ses œuvres sont progressivement gommés au profit d’effets atmosphériques d’ensemble. L’huile sur toile acquise par le musée de Barbizon en est un parfait exemple. Les touches larges y suggèrent les formes plus qu’elles ne les représentent, les traits et les couleurs du bosquet d’arbres central, du ciel nuageux et de la clairière se fondent les uns dans les autres. Si l’on devine une prairie faite d’herbe vert-jaunâtre et de terre argileuse brun-roux, on peine à définir les tâches claires qui s’y détachent hésitant entre rochers et troupeaux d’animaux. Occupant deux-tiers de la toile, le ciel, source de lumière et de mouvements, est l’élément central de la composition. Cette œuvre vient compléter le corpus d’artistes étrangers déjà présenté par le musée départemental des peintres de Barbizon, Ladislas de Paal prend ainsi place aux côtés du roumain Nicolae Grigorescu, du suisse Sutter ou du belge Charles Ferdinand Semain dit Ceramano.


Julie Demarle, jeudi 11 septembre 2014


Notes

1Bela Lazar, Ladislas de Paal. Un peintre hongrois de l’école de Barbizon, Paris, Librairie de l’art ancien et moderne, 1904.





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