Un paysage d’Herman Saftleven acquis par la National Gallery de Washington


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Herman Saftleven (1609 - 1685)
Le Rhin, 1670
Huile sur panneau - 17 x 23,2 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Galerie Claude Vittet

24/10/16 - Acquisition - Washington, National Gallery of Art - Le Rhin est allé jusqu’à Washington, il serpente dans un paysage d’Herman Saftleven acheté par la National Gallery of Art à la galerie Claude Vittet. La composition est séduisante, rythmée en profondeur par trois massifs montagneux à gauche, tandis que le regard suit le fleuve à droite qui s’enfonce vers l’horizon ; la perspective atmosphérique, qui passe du brun au vert puis à différentes nuances de bleu, confère une atmosphère presque féerique à la vue. La vie quotidienne anime pourtant cette nature, de petits personnages parcourent les collines, naviguent sur l’eau, habitent des maisons d’abord éparses, puis regroupées au loin derrière un rempart d’où surgit un clocher. Un tableau de la National Gallery de Londres présente une composition similaire à celle-ci, mais le peintre y a introduit une scène religieuse : Le Christ prêchant sur le bateau de saint Pierre

Né en 1609 à Rotterdam Herman Saftleven se forma sans doute auprès de son père également prénommé Herman, en compagnie de ses frères Abraham et Cornelis Saftleven qui embrassèrent aussi la carrière de peintre. Il s’installa à Utrecht vers 1632. Connu pour ses images de paysans et ses vues d’étables, il se consacra peu à peu au paysage, influencé d’abord par Cornelis van Poelenburgh, et plus tard par Roelandt Savery. A partir de la fin des années 1640, il multiplia les vues du Rhin qu’il parcourut à plusieurs reprises. En 1644, il voyagea dans la province hollandaise de la Gueldre, et se rendit en 1651 jusqu’à la ville d’ Arnhem sur le Rhin inférieur, et de là vers Bingen.
Saftleven rapporta de ces voyages une multitude d’esquisses et de croquis réalisés sur le motif, qu’il reprit en atelier dans des dessins plus achevés ainsi que dans des peintures. Il fournit d’ailleurs des dessins topographiques pour l’Atlas Blaeu commandé par l’avocat d’Amsterdam, Laurens van de Hem.
Malgré leur apparente précision, les peintures de l’artiste sont en général des vues imaginaires, recomposées à partir de ces esquisses qui formaient pour lui un précieux répertoire de motifs.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 24 octobre 2016





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